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Une fessée qui dit pouce
Blandine

J'ai peur. Peur a en avoir mal dans le ventre. Peur a en avoir les mains moites et la cage thoracique dans un étau. Peur.

Pourtant, je le connais bien. Il m'a déjà donné déjà mille fessées, souvent à la main mais parfois avec d'autres instruments. Il m'a donné des fessées plaisir.

Mais là, c'est différent. Je lui ai fait quelque chose de pas bien. Quelque chose dont j'ai profondément honte. J'ai même craint qu'il ne me le pardonne pas. Mais, avec son immense gentillesse, avec sa possibilité de comprendre que l'on peut se tromper, qu'il est des moments où l'on se noie, il m'a proposé ceci : " Cette fois-ci, tu vas te prendre une fessée. Une vraie, sans filet. Tu n'auras pas ma main. Elle te plait trop. Ce sera au martinet. Exclusivement. Ca risque de faire mal. Mais ce que tu m'as fait, m'a fait mal. Alors, ce sera ainsi. Ensuite, on sera quitte. Et on n'en parlera plus. "

Je trouve sa proposition superbe. Une fessée qui dit pouce. Une fessée qui dit on oublie. Une fois encore, je reste étonnée de tant d'ouverture d'esprit. Mais, je suis persuadée qu'il frappera fort, pour marquer le coup et mon corps. De ses marques à lui.

Pas question d'être une minute en retard. Il m'attend dans la chambre. J'ai envie de foncer dans ses bras. De lui demander pardon. Il me repousse calmement et me demande de m'installer. A genoux. A l'angle du lit. C'est ainsi qu'il veut.

Les lanières du martinet ne sont pas trop longues parce que, un jour, nous les avons coupées. Mais je ne savais pas que cela pouvait faire autant mal. Ou bien cela fait mal parce qu'il frappe d'une colère que je comprends. Cela traverse le corps d'une douleur fulgurante. Ne rien dire. Accepter jusqu'au bout. Accepter pour qu'il me pardonne. Qu'il me pardonne vraiment. J'essaye de compter bien qu'il ne m'ait rien demandé. Mais pour tenir. Mais je m'embrouille. Trop mal. Bien fait pour moi. Je n'en peux plus. Je voudrais me recroqueviller au pied du lit, lui demander d'arrêter. Mais je me suis promise de tenir, tenir, tenir.

Ca fait mal. Ca fait mal mais ce n'est plus important. Maintenant, c'est autre chose. J'ai envie de lui. J'ai envie de me précipiter dans ses bras. J'ai envie de son sexe entre mes jambes. J'ai envie d'être à lui comme jamais je ne l'ai été.

Et tout mon corps est strié des marques du désir, les seules qui font ce jeu jouable. Je n'irais plus ailleurs. Tu as rangé le petit martinet dans la commode et c'est bien ainsi.

© 2001

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