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De la peur et du plaisir
Blandine

" If we can dream it, we can do it. " " Si nous pouvons en rêver, nous pouvons le faire ". C'est écrit à l'entrée d'Epcot, le célèbre parc d'attraction de Florides. Et c'est signé du président Kennedy. Pour motiver les américains à se poser sur la lune.

Parce que j'ai écrit sur un forum que mon fantasme de fessée s'accompagnait du fantasme que celle-ci me soit donnée par un inconnu, vous avez compris que j'en rêvais. Alors, vous l'avez fait. Je vous ai offert sans façon ma lune à moi et vous l'avez colorée de cette belle couleur rouge comme les cerises au joli mois de mai. Et nous avons croqué ensemble le plaisir et il avait un goût d'inédit et c'était subtil et délicieux. Et c'est sans doute la première fois que l'un de mes rêves devint réalité.

Tout est allé très vite. Nous n'avons échangé que trois ou quatre messages sur Internet. Des banalités. Age, sexe, poids, taille. Pas même de quoi satisfaire l'administration car nous avons bien caché nos identités. Voilà, je ne sais rien de vous et vous ne savez rien de moi.

Vous me fixez rendez-vous à quatorze heures dans plusieurs endroits de Paris et je dois en choisir un. Je préfère celui devant une église que j'aime bien. Vous m'avez aussi écrit que vous pourrez me recevoir, dans votre cabinet, cette après-midi.

Pas une seule seconde, je n'hésite à venir. Rien dans mon passé, mon éducation, mon bon sens, ma prudence, rien ne m'arrête. Vous seul avez accepté, sans juger, mon envie de vivre, au moins une fois, une fessée donnée par un inconnu. Alors, je viendrais.

A l'heure exacte, je vais à votre rencontre. Me voulant déterminée. Mais je suis trahie par l'émotion. Vous me proposez d'aller tout de suite recevoir ma fessée, mais je ne peux pas. Je crois que je vais m'évanouir. C'est trop pour moi.

On va dans un café. J'ai soif. Vous n'avez pas mangé, alors je vous dis que j'ai faim : je n'ai rien pu avaler avant ! Je cherche tout pour faire durer la rencontre. J'ai trop peur. Je voudrais un peu vous cerner, savoir quel est votre métier, si vous envisagez de me donner une fessée à la main ou aux instruments, si vous avez beaucoup d'expériences.

Vous souriez. Vous êtes prévenant mais décidé. Ce sera cette après-midi, je sens bien que je ne peux plus y échapper. Vous avez raison. C'est ce que je voulais. Mais que c'est difficile !

On y va. Pendant le trajet, je me demande comment fuir si cela ne me plait pas. On arrive à votre cabinet. Je note votre nom et votre profession sur la plaque de la porte. Cela me rassure enfin. Ce qui me rassure aussi, c'est que vous êtes parti devant moi en me laissant libre jusqu'au dernier moment de renoncer. Et, autant vous l'avouer maintenant, j'ai eu, une fraction de seconde, envie de courir, courir, envie de fuir cette folie.

Il y a un long couloir tout blanc et puis votre bureau. Vous me prenez dans vos bras. Vous me parlez. Vous me serrez très fort et je crois que je tremble. Je n'entends rien, à nouveau saisie par une énorme panique. Je me demande ce que je fais là, je pense à mes parents. Qu'est-ce que mon père m'aurait flanqué ! Et il aurait eu raison ! Alors, à votre tour, vite, donnez-moi une fessée. Je la mérite plus que tout et puis j'ai tellement peur que je voudrais que l'on en finisse!

Vous m'allongez sur vos genoux et descendez tout de suite ma petite culotte. Vous hésitez entre fort et doux. C'est normal puisque vous ne me connaissez pas. On n'a même pas décidé de mot d'arrêt. J'essaye de vous guider mais je n'ai pas envie de parler. Je préfère les fessées muettes et les fessées sévères, celles qui sont sans appel, celles qui me font obéissante et soumise. J'aime bien votre main. Elle n'hésite pas et elle a quelque chose de rude. La raquette de ping-pong dont vous vous servez un peu est moins sensuelle que la main, mais c'est bien aussi. Vous me comprenez vite et vos claques deviennent de plus en plus fortes. Cela fait mal comme il faut et c'est totalement délicieux.

Votre main maintenant me caresse. Ce n'était pas prévu. Je reprends peur parce que ne veux pas faire l'amour avec vous. Recevoir une fessée d'un inconnu était tellement un fantasme que je finissais par trouver cela " normal " . Mais faire l'amour avec un inconnu est inconcevable dans mon éducation.

J'essaye de vous le faire comprendre et vous recommencez à me fesser de plus en plus fort et la chaleur de mes fesses m'excite. J'ai les fesses bouillantes, et c'est extraordinaire. Comme vous m'avez fessé longtemps et fort, ce n'est pas seulement superficiellement que je ressens la fessée mais aussi en moi, en dedans.

Je suis de mieux en mieux et quand vous me caressez à nouveau, je ne veux toujours pas faire l'amour avec vous mais je ne peux pas faire autrement.
Allongée sur le sol, je reçois votre corps dans la surprise et comme un apaisement a ce qui fut.

Après vous m'offrez à boire et nous parlons un peu de vos différentes expériences, de la mienne, et déjà nous imaginons d'autres fessées. Des très longues qui dureraient une heure entière, des très coquines dans des lieux inédits, de très troublantes en présence d'autres personnes.

Hier soir, dans la grande glace de ma chambre, j'ai regardé en cachette mes fesses. Il n'y avait aucune marque. Et ce matin non plus. Pas même un petit bleu. Mais, dans ma tête, il y a maintenant une marque indélébile. Le tatouage d'un très subtil plaisir gravé une après-midi d'été par un artiste inconnu.

© 2001

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