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Rouge et or
Blandine

Plusieurs fois, elle lui avait dit. Elle lui avait dit car elle savait que, si elle se faisait prendre, c'est lui qu'elle appellerait au secours. Lui seul pouvait comprendre. Comprendre et sévir ? Elle lui avait dit pour cela aussi. Elle aimait les fessées érotiques et les fessées punition. Elle aimait passer de l'une à l'autre en fonction de l'humeur du temps. Mais là, elle n'était pas bien certaine que ce soit un prétexte. Non. Elle s'inquiétait vraiment. Et, vraiment, il aurait dû la prendre au sérieux.

Elle avait volé enfant. Elle n'avait aucun argent de poche et ses copines s'achetaient des bonbons. Puis elle avait volé plus grande parce que, là encore, elle manquait un peu de tout, et surtout du superflu qui rend la vie plus jolie. Mais maintenant, elle n'avait plus aucune excuse. Alors ? Alors, elle fauchait pour le jeu, pour la peur, pour le défi. Elle volait pour se prouver qu'elle ne serait jamais bien comme il faut. Elle volait aussi parce qu'elle était encore pauvre, car l'on est toujours pauvre, quand on le fût. C'est une maladie incurable.

Il n'y prête pas attention. Il a autre chose à faire. Mais, hier soir, alors qu'elle se déshabille, il voit tomber sur la descente de lit, une longue chaîne qui lui semble en or. Il la voit rougir. Elle ramasse la chaîne, puis se dirige vers la salle de bains. Il la retient par le poignet.

"C'est quoi cela?"
" J'avais envie d'une chaîne pour me mettre autour de la taille...Tu ne trouves pas cela joli ? "
" Joli, oui. Mais est-elle en or ? "
" Non. En plaqué or seulement "
" Et tu l'as acheté chère ? "
" Non, je, je l'ai trouvé, oui, par terre "

Il la bascule sur ses genoux. Elle est déjà à moitié déshabillée, il n'a plus qu'à lui ôter sa petite culotte. Il se dit qu'il va la fesser pour de bon. Ce n'est pas son habitude. Mais il n'aime pas qu'elle mente. Et puis il a envie de lui faire peur. Une vraie peur. Il craint d'être obligé d'aller un jour la chercher au commissariat pour vol et là, il trouve que c'est vraiment stupide.

Elle sent, d'instinct, qu'il ne joue pas. Elle commence à avoir un peu peur mais elle le connaît bien. Il adore donner des fessées mais toujours pour le plaisir. Elle n'a rien à craindre. Mais il frappe fort et surtout, il ne dit pas un mot. Elle s'inquiète un peu. Pour voir, elle lui dit: "stop". C'est leur mot magique. D'habitude, il se serait immédiatement arrêté. Il la sait très sensible certains jours. Mais là, il continue. Pire, ses claques redoublent d'intensité. Elle lui redit: "stop", plus nettement. Il continue. Sa main s'est faite lourde, dense, terrible. Alors, tout doucement, elle l'appelle par son prénom. "S'il te plait, X..... arrête".

Pour toute réponse, il lui dit:
- " Va chercher le martinet "
Elle a vraiment peur. Elle se lève comme elle peut, fouille dans l'armoire, lui donne. Elle s'agenouille au pied du lit, docile. Pas question de le fâcher. Elle aimerait se fondre dans le lit, se dérober, mais elle lui offre ses fesses bien tendues et elle accuse chaque coup. Ca brûle, ça se calme, un autre arrive, ça brûle à nouveau, ça pince, elle ne sait plus.

Brusquement, elle se sent envahi d'un flot de honte. Honte d'être là, gourmandée comme une gamine, parce qu'elle lui a menti, parce qu'elle vole sans raison. Elle se dit qu'elle mérite bien cette fessée, que cela fait longtemps qu'il aurait dû lui donner. Et, dès qu'elle a pensé cela, un irrépressible plaisir infiniment chaud, infiniment bon, irradie son ventre. Elle se vautre dans cette sensualité voluptueuse qui l'envahit et l'enveloppe de bien-être. C'est bien, c'est doux....

Il devine qu'elle est en train de jouir de cette fessée et en est brusquement excité. Il a envie de la pénétrer, de lui faire l'amour, là, maintenant. Mais il se reprend. Non, vraiment, cette fois-ci, elle sera punie. Et puisqu'elle a l'air de tellement trouver bon le martinet, il doit passer à autre chose. Il hésite. S'il veut lui faire un peu mal, il ne veut pas l'abîmer. Et puis ce n'est pas très pratique. Il s'y essaie quand même. La petite chaîne fait une striure toute rouge. Alors, il recommence. Elle ne dit plus rien. Quand elle a les fesses toutes striées, il s'arrête. Il veut la laisser là, ne pas la consoler. Il sait que de toutes les punitions, ce serait la pire. Mais c'est au-delà de ses forces. Alors elle se jette dans ses bras et il sent de grosses larmes mouiller son visage. Il a honte. Mais elle le remercie d'avoir su le faire, de lui avoir donné et ce plaisir et cette punition. Elle lui dit qu'elle essayera de ne plus jamais recommencer et lui demande de mettre tout de suite la petite chaîne autour de sa taille. Rouge et or sont des couleurs qui vont si bien ensemble.

© 2001

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