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L'infidèle
Blandine

Auprès de lui je suis allée chercher des plaisirs défendus, inavouables et délicieux. Il me donne la fessée comme à une gamine et puis il me fait l'amour comme à une femme. Et comme c'est trop bon de soirs en soirs je rentre un peu plus tard. J'ai déjà accusé la circulation, le dernier rendez-vous trop bavard, les clés oubliées, que sais-je encore. Aujourd'hui je me sens encore un peu plus fautive alors je préfère faire précéder mon arrivée d'un appel sur mon portable. "Nous avons commencé le dîner sans toi". Les mots sont comptés. Le ton est cassant. Et avant même que j'ai pu débiter le mensonge tout préparé, il a raccroché.

Ils sont tous à table. J'avale l'entrée à toute allure pour rattraper le plat de résistance. Personne ne parle et le bruit des fourchettes crève le silence. J'évite son regard glacial, mais même les yeux baissés sur mon assiette, je sens sa colère. Il manque de l'eau dans la carafe, alors, vite, je me lève pour aller la remplir. Voyez, je suis là. Je peux encore vous aider. J'étais en retard, mais je vous aime. Ce n'est pas le problème. Allez, soyez gentils, chamaillez-vous les enfants, vous faites cela si bien d'habitude.

La dernière bouchée avalée, ils se sont tous envolés. Je débarrasse doucement la table. Puis je traîne dans le séjour. J'ai peur de gagner la chambre. Je prends un livre. Mais je n'arrive pas à me concentrer. Et puis je suis fatiguée. Alors je monte. La lumière est éteinte dans la chambre des enfants. Cela me rend triste parce que j'ai perdu le bisous du soir, les bras autour de mon cou, ma petite dose de tendresse.

Et, sous la porte de notre chambre, filtre un rai de lumière. IL n'est pas couché. Je gagne la salle de bains. Une douche. Me laver. Etre toute neuve pour lui. J'enfile une chemise d'homme, une vieille à lui. C'est comme cela qu'il m'aime pour dormir. Je rentre enfin dans la chambre. Il est allongé sur le lit. En peignoir de bain..

- " Tu ne dors pas ? "
- " Non, je t'attendais ".

Je m'approche du lit. Il se lève. Je découvre alors, dans sa main, un martinet. Il ne m'a jamais fessée. Une immense peur m'envahit, mais, en même temps, je suis très troublée.

Lors d'une longue nuit d'amour, il m'avait demandé: "c'est quoi ton fantasme à toi ?". Je n'avais pas osé lui répondre tout de suite, et puis, I'obscurité aidant ma timidité, je lui avais murmuré: "J'aimerais recevoir une fessée". Il m'avait dit que non, il ne pourrait pas, il aurait peur de m'abîmer.

Alors ce soir, je suis entre la peur d'une fessée punition et l'envie d'une fessée attendue depuis longtemps. Il m'a agenouillé aux pieds du lit. Comme j'étais nue sous la chemise d'homme, il n'a eu qu'à la retrousser. Moi qui lui appartiens depuis si longtemps, je me sens brutalement envahie de honte, plus nue que nue. Le martinet claque et je frémis sous les cinglades. Cela fait mal et cela ne fait pas mal. Quand les lanières s'abattent, la douleur est vive puis tout de suite après, une étrange chaleur se diffuse dans le corps. Je ne bronche pas. Je suis d'accord pour recevoir cette fessée. C'est tellement moins pénible que son silence, son visage fermé, sa gueule. Qu'il me fesse, je l'ai bien mérité ! Qu'il me fesse, j'en avais envie depuis si longtemps !

Il frappe régulièrement. La douleur et le plaisir s'entremêlent et je ne sais plus où je suis. Quand les lanières du martinet s'abattent sur mes fesses, je sens monter le plaisir dans mon ventre. Mais lorsqu'elles vont frapper mes flancs, cela cingle vraiment. Je le sens debout derrière moi, je l'imagine martinet à la main, je me sens punie.

J'ai les fesses en feu et il me frappe toujours sans un mot, sans une pause, sans tendresse, sans fin. Il me frappe de toute sa jalousie, il me frappe de tout son désir de me posséder entièrement, intégralement. Il me semble que cette fessée va durer l'éternité et jamais je n'ai connu ces délices de fièvre qui m'alanguissent et me soumettent.

Quand il s'arrête enfin, il me prend dans ses bras, me jette sur le lit et me fait l'amour bestialement, rageusement. Puis il ramène mon visage vers le sien, il me demande de le regarder dans les yeux et il me demande: "Que vas-tu chercher ailleurs que je ne puisse te donner ?". Alors je me mets à pleurer.

© 2001

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