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Fessée de velours
Blandine

On a eu une grosse journée. Une de celles qui fatigue, parce que rien ne va tout à fait comme l'on veut. Tu es rentré en accrochant ta veste à la patère et j'ai mis mon manteau à côté. Et puis, tous les deux nous nous sommes affalés dans le grand canapé. Devant nous, la table basse abrite de belles bouteilles aux noms évocateurs. Tu nous sers un apéritif comme une promesse de détente, un peu de bonheur dans deux doigts à quarante degrés.

L'alcool distille son optimisme dans nos corps et nos corps se font plus proches. Je me pelotonne dans ton pull et j'ai envie de me faire toute petite sous ton épaule. Tu recueilles mes doutes et tu les apaises en ouvrant tout grand tes bras et en me caressant comme les chats. Maintenant l'heure est tendre et le feu de cheminée crépite pour s'amuser. Je me suis mise en boule à côté de toi. Et toi, tout doucement, tu m'allonges sur tes genoux.

Tu me gardes là, comme cela. Tu as juste soulevé un peu ma petite jupe, découvert un brin de culotte. Ta main est douce et chaude et tu la promènes pour me caresser. Cela me chatouille un peu alors je gigote pour rire. " Non, non, on ne bouge pas " me dis-tu en t'amusant. Et tu en profites pour me donner quelques tapes sur mon petit morceau de slip. Je me laisse faire. Je sais bien que je vais recevoir une fessée. Et j'en ai envie ! Mais, je te la laisse conduire à ta guise. Elle sera ce que tu veux qu'elle soit. Légère, tendre ou bien méchante, sévère peut-être ? Je ne sais pas. Je suis simplement bien.

Tu as descendu ma petite culotte et j'ai un peu froid. La chaleur du feu de cheminée ne vient pas jusqu'à moi et puis, encore, toujours, avant que tu ne démarres, j'ai un peu peur. Peur de quoi ? Je ne le sais pas. Vrai, je te connais, je sais que tu n'iras jamais là où je ne le souhaite pas. Mais je ne peux me défaire de la honte de ma nudité et de cette angoisse de ne pas pouvoir voir. Comme il a fallu que j'apprenne à te faire confiance ! Et comme, aujourd'hui encore, je peux, en une seconde, me replonger dans la peur! C'est alors que je sens, depuis la naissance du cou jusqu'au creux de mes reins, de longs frissons parcourir mon échine.

Tu me fesses tout doucement. Je sais que tu t'amuses. Tu me donnes quelques tapes et puis tu me caresses longuement. Tu as envie de me faire les fesses jolies et toutes chaudes comme le bon pain qui sort du four du boulanger ! Ta main se fait plus forte mais elle garde sa tendresse. Tu t'énerves un peu, histoire de porter au rose ce qui est encore tout pale et je sens la chaleur commencer à inonder mon ventre. C'est très subtil, c'est tout doux, c'est de la sensualité distillée au compte -gouttes.

Tu continues à ton rythme, parce que la soirée est longue et que nous avons le temps. Alors, de petites claques en petites claques, sans aucune plus forte l'une que l'autre, je finis par me sentir toute en feu. Un feu profond, qui réchauffe sans brûler. Je me sens bien, toute douce. C'est comme si tu m'avais dit des mots réconforts, des choses gentilles. J'ai envie que cela dure encore un peu, parce que c'est très bon comme quelqu'un qui s'occupe de vous. J'ai envie que cela dure parce que je n'aime pas le moment où tu t'arrêtes. Je me sens alors abandonnée, perdue, rejetée.

Mais tu le sais. Tu le sais comme si tu avais partagé avec moi mille ans de souvenirs. Tu le sais et tu me prends très vite dans tes bras et tu es là. Et c'est un moment parenthèse qui a le goût du bonheur.

© 2001

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