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Souvenir
Blandine

Souvenir. Il est revenu tout d'un coup, tout en bloc et tellement présent que j'avais l'impression qu'il datait d'hier.

Elle s'appelle Anne-Dominique. Elle a seize ans quand je n'en ai que douze mais nous sommes côte à côte sur le même banc en classe de quatrième. Elle me fascinne. Je suis heureuse d'être sa voisinne! C'est comme un honneur. Elle, elle a tout d'une femme, elle sait s'habiller, elle se maquille. Et puis, on la croirait aimantée. Dès qu'elle parle, tout le monde l'écoute. Comme elle a de la chance!

Elle désespère tous les profs et se prend colle sur colle. Quand ça tombe, elle me dit: "je vais encore me prendre une fessée, je sens que ça va barder". Et j'ai beaucoup de mal à écouter le reste du cours.

Parfois, en arrivant le matin ou bien en rentrant en cours l'après-midi, elle nous raconte qu'elle s'est reçue la fessée annoncée et, pour preuve, soulève sa jupe, relève un côté de sa culotte. Et l'on voit les traces de martinet. Son père a la réputation de ne pas être tendre. Marie-Dominique, la petite soeur en a une peur panique.

Chez mon amie, je sens autre chose. Quand elle nous montre son joli morceau de fesse strié, il y a de la provocation. Ou plutôt je devine qu'elle éprouve un plaisir équivoque et cela me trouble terriblement et je sens que cela trouble aussi toutes les autres gamines. Et nous restons agglutinées autour d'elle, posant des questions d'un air anodin:
- " Mais ça fait pas?"
- " Evidemment! t'as déjà pris une raclée au martinet, toi?"
- " Mais il te fait déshabiller?"
- " Ben, oui, évidemment, je dois soulever ma jupe et baisser ma culotte",
- " Et tes frères ou soeurs, ils assistent?"
- " Si ils sont là, c'est pas ce qui va géner mon père!"
- " Et tu pleures?"
- " Mais ça va pas la tête!"

C'est comme cela qu'une fois, la directrice de l'école arrive, sans que nous l'entendions. Elle regarde Anne-Dominique et lui dit:
- " Si tu aimes tellement montrer tes fesses, tu vas en avoir l'occasion à la récréation ";
La jeune fille blémit. On sait tous ce que cela veut dire. Il reste deux cours avant la récré. Quand la cloche sonne, la directrice vient chercher Anne-Do. Elle fond en larmes. Elle promet de ne pas recommencer. Mais la directrice la conduit dans la cour principale, lui fait monter les quelques marches du perron, elle lui ordonne de remonter sa jupe et baisser son slip, de poser les deux mains sur la table puis, avec sa règle plate en bois, elle lui file une fessée royale. La jeune fille se débat, crie, pleure mais rien n'y fait.

Elle rentre en cours et ne m'adresse pas la parole. Le lendemain, sa soueur, Marie-Do nous raconte que le père, ayant appris l'incident, a redonné une terrible fessée à sa fille.

Et jamais plus elle ne me parlera de ses fessées, et jamais plus elle ne nous montrera ses fesses. Je détestais la directrice.

© 2001

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