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Wagon couchette
Blandine

Départ 22h27de Paris-Est, arrivée 16h35 à Praha Smichov avec changement à Frankfurt. Je saute de joie. Cela fait des années que j'ai envie d'aller à Prague. Et, en plus, y aller en train couchette, dans un wagon où nous ne serons que tous les deux...Je suis heureuse à en sourire à tous les passants, à trouver légère ma valise, à avoir envie de te faire l'amour là, sur le quai de la gare ! Tu essayes d'être sérieux mais je sens bien que toi aussi tu es content. Cette joie immanente qui pétille au coin du regard et qui fait que quoique l'on dise c'est déjà drôle.

Le contrôleur nous a demandé nos papiers et puis, très vite, il nous a proposé de faire nos lits. Je prendrai la couchette du haut, il y a moins de place mais je pourrais t'envoyer mon oreiller sur la tête. Rien que pour t'embêter.

"Bonne nuit" nous dit l'homme à la casquette et à peine a t'il le dos tourné que nous nous sautons dans les bras. Porte fermée, nous voici dans notre petite maison berceau. Qu'est-ce qu'on est bien ! Et hop, un petit pantalon qui valse ! Et hop, un pull qui saute !

C'est à ce moment que tu me bloques à la taille et, sans aucun préalable (mais en fallait-il vraiment un ?) me voici allongée sur tes genoux. Je sais pourquoi. J'en suis comblée de plaisir. Vieux fantasme qui traîne dans un coin de ma tête, qui ne se raccroche à aucun souvenir, mais qui me fait désirer, de longue date et comme une folle, de recevoir une fessée dans un train. Tu m'enlèves vite ma petite culotte, toi aussi tu as une envie charnelle de cette fessée. Nous en avions parlé quelque fois il y a longtemps, mais nous n'avions plus osé aborder le sujet. Car nous sommes aussi timides l'un envers l'autre. Et parfois, la tête a des pudeurs que le corps n'a pas.

Tu me donnes de petites claques vives au rythme du train. Je ne bouge pas. Je savoure. Il y a des fessées qui sont de la volupté. Alors elles se prennent en soi, sans un mot, sans un mouvement. Elles se prennent, c'est tout. Par moment, tu me caresses longuement et là mon corps ondule de plaisir. J'ai envie de faire l'amour mais pas encore, pas tout de suite. Quand tu dois me trouver belle de cette couleur du désir qui toujours te chavires, tu me soulèves, et tu m'agenouilles sur la couchette.

J'attends, inquiète. J'ai toujours envie et peur de tout instrument. La main, c'est toi, je te sens, je sais que cela ne fait jamais très mal. Mais dès que tu prends un instrument, d'abord, j'ignore lequel et puis, je ne m'en souviens jamais. Oui, c'est cela. J'ai la mémoire de ta main, de sa chaleur, de ses jeux. Mais je ne me rappelle pas exactement de la frappe d'un instrument. A chaque fois, la crainte m'envahit, et, beaucoup plus loin, sans raison, le désir se fait plus impérieux. Ni toi, ni moi n'avons pensé emmener le petit martinet, ce qui prouve que nous ne sont pas accrocs. Mais tu défais ta ceinture et là, je retrouve cette peur intense d'un instrument qui me panique, me trouble, je ne sais plus. Tu te recules un peu. Il y a peu de place. Cette absence d'espace me rend encore plus à ta merci. Je t'ai deviné enlever ta ceinture et même si je te fais une confiance absolue, le seul nom de cet instrument me tétanise. Tu sais cela parce que tu lis sur la chair de mon corps, que tu es attentif, que tu veux mon plaisir. Tu sais aussi que toute fessée est un savant dosage entre la peur la douleur et le plaisir. Tu me frappes un peu fort, tu m'écoutes, tu sais que tu peux continuer. Tu me frappes en prenant à nouveau le rythme du train. Et, parce que tu me frappes sans à-coups, de façon régulière, tu me fais glisser dans un état de bien-être complet, tout proche de la jouissance.

C'est alors que tu me devines toute à toi, que tu me prends dans tes bras, que je commence à avoir mal, que j'ai besoin de toi et que je t'enlace dans le wagon couchette n°32, une nuit très belle, une nuit de première fessée ferroviaire, une nuit entre Paris et Prague.

© 2001

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