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La dame et l'inconnu
Blandine

Depuis qu'elle fréquentait ce site et avait laissé son mail sur le forum, elle avait reçu de nombreuses propositions. Mais une seule l'avait vraiment troublée:

" Tu viendras à l'hôtel parce que tu en crèveras d'envie. Tu sonneras à la porte et tu sauras que dès que j'ouvrirai tu prendras ta fessée. Tu n'auras pas la possibilité de reculer. Il sera trop tard. Je ne t'attendrai que pour cela et rien ne me fera changer d'avis. Je te fesserai à la main d'abord pour te préparer puis ensuite tu auras droit au martinet. Je te fesserai progressivement, sans jamais m'arrêter, tu verras tu auras très chaud et tu aimeras beaucoup et je te fesserai de plus en plus sévèrement et tu ne diras pas stop. Mais tu sais que tu pourras le dire et que j'arrêterai tout de suite ".

Elle ne le connaissait pas. Elle n'avait jamais lu aucun de ses écrits sur le forum parce qu'il n'y écrivait pas. Elle ne devait pas prendre le risque d'un détraqué, d'un sadique. Non, elle ne devait pas.

C'est un matin qui n'allait pas bien qu'elle répondit : " Je viendrai à l'hôtel parce que j'en crèverai d'envie. Je viendrai prendre ma fessée. Quand ? Où ? "

Le soir même elle reçut ce message : " Jeudi 15 mars à 15 heures, hôtel .... ". Il n'y avait rien d'autre, pas même un prénom.

Elle ne devait pas. Non vraiment. Elle ne devait pas. Mais elle répondit : " oui ". Et rien d'autre.

Elle a plus d'un mois devant elle. Elle aime avoir ce délai et ce but. Elle n'a pas réellement peur. Seulement un petit peu de mal à respirer quand elle y pense.

Maintenant qu'il ne reste plus que quinze jours, elle a envie de lui écrire. Excusez-moi. C'est idiot. Je voulais me faire peur. Mais cela me fait trop peur. On annule. Dix fois elle recommence son message. Mais elle ne l'envoie pas. Moins huit, moins sept, moins six, moins deux jours. Demain. Lui écrire. Sans faute.

Elle n'arrive pas à s'endormir. C'est de la folie. Comment est-il ? Qui est-il ? Elle a encore demain matin pour lui dire non.

Elle prend une douche rageusement. Pourquoi vouloir meurtrir ce corps aux courbes si douces, à la peau si tendre ? Elle choisit des sous-vêtements. Noirs. Comme ceux des prostituées. Elle se parfume. Beaucoup. Elle sentira moins la peur ainsi. Elle file à son bureau. Elle n'arrive pas à travailler une seconde.

Et puis elle réalise : " Mais c'est un canular, je n'ai pas le numéro de la chambre ! ". Elle sourit. Elle y a bien cru. Elle est quand même déçue. Pour l'ambiance. Et puis, elle a envie d'une fessée sans parole. Et puis elle a envie d'une fessée sans rémission. Tant pis.

Elle ouvre sa messagerie. Un mail. " J'ai réservé la chambre n° 345 ". La peur s'abat sur elle. On ne joue plus. C'est là, maintenant, dans trois heures.

Elle prend sa voiture. Son refuge. Elle roule. Sans destination. Elle va s'acheter une quiche lorraine. Son pêché. Mais elle n'a pas faim. Alors, elle va vers l'hôtel. Elle est très en avance. Elle scrute tous les hommes qui rentrent. Lui ? Lui ? Tous lui semblent possible et impossible. Elle tremble. Il est encore temps de partir, s'enfuir. Elle va être en retard.

Le hall de l'hôtel est plein de ces voyageurs bruyants et insouciants. Chambre 345. Donc troisième étage. Ascenseur. Pourquoi fait elle cela ? Elle tellement timide, raisonnable, responsable. Que veut-elle donc se prouver ? Que veut-elle donc oublier ? Elle a tellement peur que sa vue s'en est brouillée. Elle appuie en tremblant sur le bouton. Il est 15h 05 à sa montre. Un gros tapis rouge. Chambre 341, 343, 345. Ne pas réfléchir. Frapper.

Il lui paraît grand, fort, massif. Il lui dit : " Enlevez votre manteau ". Elle l'ôte. " Allez dans la salle de bains ". Elle y va. Ferme la porte à clef. Respire. Se passe beaucoup d'eau sur le visage, les mains. Va aux toilettes. A mal au ventre. Essaye d'arrêter de trembler. Ouvre. Se lance.

Il est debout, aux pieds du lit. Il lui dit : " Venez ". Elle veut se précipiter dans lui. Mais oui, c'est de cela dont elle a envie. Qu'il la rassure, qu'il la protège, qu'il la prenne dans ses bras. Mais il la repousse. Sans haine. Comme cela. Et il s'assied sur le lit. Et il l'amène à lui. Et il lui ôte sa jupe. Calmement. Sans un mot. Et il la courbe sur ses genoux. Et il démarre.

Sa main est ample, dense, généreuse. Il frappe sans hésiter. Il ne dit toujours rien. Dans la chambre, il n'y a que le bruit de la fessée. Des claques nourries, appliquées avec méthode. De son autre main, il la tient fermement au niveau de la taille. Alors elle ne peut pas bouger. Elle reçoit sa fessée en elle et son corps hésite entre la douleur et la jouissance. Ses claques sont régulières, profondes, massives. Ses fesses sont déjà bien chaudes. Il la redresse, lui dit : " à genoux ". Elle se met à genoux aux pieds du lit. Le martinet démarre.

Elle sait qu'il sait doser. Ni trop fort, ni indécis. Elle ne dit rien. Elle est venue prendre une fessée. Rien d'autre. Le martinet s'abat, régulier. Au début, ça va. C'est plutôt bon. Mais maintenant, elle a mal. Mais elle ne l'arrêtera pas. Peut-être veut elle se punir d'avoir osé prendre un risque aussi grand. Se punir pour ne plus recommencer. Elle est restée comme les mômes. Tant qu'elle ne s'est pas brûlée, le feu n'est pas dangereux. Il continue. Elle le veut. Elle se sent épuisée. Elle s'écroule aux pieds du lit. Comme une petite boule. Il arrête. Elle claque des dents. La peur rétrospective. Alors il la relève et l'installe dans le lit. Elle ferme ses yeux bouillants de larmes contenues. Il l'embrasse sur son front, la borde et s'en va.

Elle dort une heure, peut-être deux. Se réveille en sursaut. Ses fesses sont douloureuses. Bien fait pour elle. Elle file dans la salle de bain. En se hissant sur la pointe des pieds, elle arrive à voir dans la glace, au dessus du lavabo, ses fesses striées par le martinet. Elle est heureuse. Elle se sent bien d'avoir osé, d'avoir reçu une vraie fessée. Elle recommencera. Elle se pomponne en souriant.

Elle cherche son sac. Ne le trouve pas. S'inquiète. Fouille partout. Elle descend à la réception. Elle demande si le monsieur avait laissé une emprunte de carte bleue. " Non, il a payé d'avance. En espèces ".

Elle n'a plus de papier. Elle n'a plus ses clefs de voiture. Elle n'a pas un centime pour rentrer par un transport en commun. Il sait qui elle est. Elle a envie de pleurer.

Elle va à pieds. Au moins cinq kilomètres dans le froid, la circulation, la nuit.
Son mari la prend dans ses bras. Elle ne le mérite pas.

Le lendemain, elle ouvre sa messagerie. " Bonjour C...L..., 680 F, c'est bien payé pour une fessée. Sans compter le commerce que je pourrais faire avec votre carte bancaire. Et ce joli petit vaporisateur de sac que je garderai en souvenir. Ainsi que vos photos. Très beaux vos enfants. Une mère de famille, agir comme vous l'avez fait...J'espère que vous ne m'en voulez pas. Vous auriez pu tomber sur un détraqué, un sadique. Vous y avez pensé, bien sûr. Et malgré cela, vous êtes venue. Alors se faire seulement détrousser...ce n'est rien. Et, passé les quelques ennuis à refaire tous vos papiers et vos clefs, vous me remercierez. Car, aucune fessée n'aurait pu vous empêcher de récidiver. Aucune, n'est ce pas ? ".

© 2001

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