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Rayon animalerie
Blandine

Depuis le temps que je l'ennuie... : " Ton martinet ne fait pas sérieux. Avec ses lanières de toutes les couleurs... ". Il s'amuse. Puis un jour, il me dit : " Bon, eh bien je te mets au défi de m'en ramener un, tout en cuir marron ou noir. Et je te donnerai une belle fessée avec... ".

Je vais d'un hyper marché à un autre. A chaque fois, entre les muselières pour chiens féroces et les colliers à pointe pour maîtres féroces, je découvre, coeur battant, les martinets. Tous ont les lanières multicolores et le petit manche jaune.

Mais un dimanche, dans une jardinerie, je vois enfin l'objet de mes désirs ! Un beau martinet, pas plus grand que celui que nous avons - Yves n'aime pas les lanières trop longues, elles vont frapper les flancs et cela fait vraiment mal - mais bien plus impressionnant ! Manche marron, lanière noire...

Je passe, repasse dans le rayon. J'attends que la petite famille qui s'extasie devant la laisse pour le chat ait fini. Mais zut, voilà grand-mère qui balade son chien gras et court sur patte, un peu comme elle. Allez, on se décide. Prendre un martinet. Marcher toute droite vers les caisses. Payer. Partir. On assume ou on est nulle ?

On est nulle. Je n'y arrive pas. Je manque d'air. Alors, maintenant que le magasin va fermer, qu'il n'y a plus personne dans le rayon, au prix d'invraisemblables contorsions, je glisse l'instrument fatal dans la manche de ma parka. J'ai déjà volé pas mal de choses comme cela. Par nécessité à un moment, par envie de se faire peur plus tard. Je ne me suis jamais fait piquer.

Mais il y a un début à tout. A peine ai-je passé la " Sortie sans achat " qu'un vigile m'approche. Je vais défaillir. " Madame, veuillez me suivre ". La peur collée au ventre. La peur, la honte. Je pense à toi. Au secours, viens, s'il te plait, j'ai fait une ânerie, ne me laisse pas. Le vigile me suit de sa stature de géant. On grimpe un escalier de métal. On arrive dans des locaux en mezzanine au-dessus du magasin. Il me pousse dans un bureau. " Veuillez restituer ce que vous avez dérobé ". C'est la phrase qu'il doit toujours dire. Ca cogne dans mes tempes. Je reste pétrifiée. Pas que je veuille lui résister. Non, je suis paralysée. Il recommence, calme et menaçant à la fois. " Veuillez, s'il vous plait, restituer maintenant... ". Je sors le martinet de la manche de ma parka. Je le pose sur les paperasses du bureau. Il paraît immense, noir, féroce.

- " Je vais appeler la police pour faire une déclaration de vol " ;
- " Non, Monsieur, s'il vous plait, pas cela. Ne faites pas cela. Ce que vous voudrez, mais pas cela " ;
- " C'est la procédure, je ne peux pas faire autrement " ;
- " Regardez, je ne suis pas fichée, je n'ai jamais rien volé chez vous, mais là ce n'était pas pour le voler, c'est la honte, j'avais honte de passer aux caisses avec cela, je suis prête à le payer, c'est pas le problème...s'il vous plait Monsieur " ;
- " Pourquoi vous vouliez un martinet ? Pour frapper sur vos mômes ? "
Le ton a changé. Je le sens. En une seconde, à l'instinct, je sais que je tiens une porte de sortie ou que je m'enferre dans le pétrin.
- " Non. Pas pour frapper sur mes mômes "
- " Alors, pourquoi ? " ;
Je voudrais lui répondre, mais ça y est, c'est à nouveau bloqué. Peux pas parler. Tétanisée. En sueur et glacée.

Arrive un autre homme. Treillis de l'armée, brassard " Maître chien ", et berger allemand. Le vigile le regarde. " T'as vu ce qu'elle a fauché. Dans la manche de son manteau. Ils l'ont vu sur la télé... ". Ils se marrent.
- " Qu'est-ce que tu ferais, on est dimanche...les flics à cette heure là, ils se déplacent pas forcément... " demande le vigile.
- " Ben on a qu'à lui faire essayer, ça lui passera l'envie de piquer dans les magasins... " répond le maître chien. Et il me prend par l'épaule et avec son haleine bourrée de bière il me dit : " les flics ou une petite dérouillée ? ".

Je ne peux pas répondre. J'essaye seulement de rester droite, de ne pas trembler. Je me répète inlassablement : " tu l'as cherché, t'assumes ".

Le maître-chien regarde son copain. " Ben tu vois. Elle a pas envie du scandale la petite dame. On va s'en occuper entre nous. Je fais le tour du magasin. Je te retrouve dans les abris de jardin ".

Un Monsieur passe dans les bureaux.
- " Bonsoir Roger. A demain. Tout va bien ? "
- " Oui, oui, patron, pas de problème. A demain ".

La jardinerie a fermé ses portes. Le parking, plein tout à l'heure, est désert. J'ai froid et peur. Je n'arrive à tenir debout que parce que je sais que j'ai pris un risque et que j'en paye les conséquences. Je ne pense qu'à cela. Et à toi.

Roger me fait descendre, puis sortir du magasin, et nous arrivons dans les abris de jardin. Ce sont des petites maisons qui sentent bon le bois. Souvent, j'en ai eu envie. La cabane des rêves d'enfant. Le maître chien est déjà là. Il lui dit :
" Installes-toi dans celle là. Y a de la place. "
On rentre dans une véritable petite pièce. Avec fenêtre. Ils discutent.
- " Tu préfères quoi, toi ? "
- " Moi, je lui filerais bien une bonne fessée à la main, dit Roger. C'est celle que je préfère... "
- " Bon, après je lui en colle une au martinet " poursuit le maître chien.

Roger me laisse sous la garde de son copain. Il va chercher une chaise de jardin et s'installe confortablement. Il me tire par la main, attrape la fermeture éclair de mon jean, le fait descendre à mes pieds et me bascule sur ses genoux. Il descend immédiatement ma petite culotte et là, c'est le feu. L'enfer. Il frappe comme je ne savais pas que cela était possible. A la main, je croyais que cela ne ferait jamais aussi mal. Chaque claque est un brasero. Je suis broyée, incendiée, terrorisée. Je ne sais pas si j'ai autant mal parce que ce n'est pas toi, parce que j'ai peur, parce que jamais personne d'autres ne m'a fessée comme cela. Mais c'est terrible. Je pense que mes fesses doivent déjà être écarlates, je pense qu'ensuite l'autre va me frapper au martinet. Au secours. Pourquoi n'es-tu pas là ?

Et puis, voilà, ça me brûle toujours mais maintenant au milieu de la douleur un plaisir très lointain irradie mon ventre. Je le refuse de tout mon être mais pourtant c'est le seul moyen de supporter cette avalanche de claques foudroyantes. Je me sens devenir chiffon, je me sens accepter.

Le maître chien dit : " Bon, ça suffit, amène-la-moi ".
Roger me relève. Je ne peux pas marcher à cause de ma petite culotte et de mon jean qui menottent mes pieds. J'ai les fesses brûlantes, courbaturées.

Le maître chien me fait m'arque bouter, mains au mur. Il dit : " On va lui filer une trempe qui va lui passer définitivement l'envie de faucher ". La peur me taraude le ventre. Pourquoi n'es-tu pas là ? Le premier coup part. Puis un autre, un autre...Il me demande en ricanant : " Alors, on a toujours envie de piquer dans les magasins ? ". Je réponds tout doucement : " Non ". Mais il continue de me frapper. J'entends le bruit qui cingle. Je ne peux pas me boucher les oreilles parce qu'il m'a fait mettre les mains au mur et que je n'ose pas bouger. Je ne sais pas où le martinet va tomber. Cela fait moins mal maintenant. Oh bien sûr chaque coup est une morsure qui brûle mais il y a très loin quelque chose qui pourrait ressembler à du plaisir. Je ferme les yeux. Je me laisse fesser. Je pense que c'est toi. Je pense très fort, continuellement, que c'est toi. Alors, c'est mieux ainsi.

Quand il arrête, il me dit de me rhabiller. Là, à nouveau, cela fait très mal. La petite culotte, le jean trop moulant, enserre mes fesses trop meurtries. Qu'est-ce que j'ai pris ! Quelle fessée ! Le maître chien me tend le martinet. Je le saisis. Il ricane.
- " Si tu le veux, t'iras le chercher demain dans le magasin...il sera encore tout chaud... ".


Tu sais, j'ai réfléchi : un martinet tout noir, ça me ferait vraiment trop peur. Je n'en ai plus envie. Finalement, tu as raison, je l'aime bien ton martinet.

© 2001

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