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L'incorrigible fumeuse
Blandine

Mais que c'est difficile ! J'ai arrêté une première fois. Quinze jours. Et, j'ai craqué. Et quelques jours plus tard, je fumais à nouveau mon paquet. Une autre fois, j'ai tenu trois mois. Mais aujourd'hui, c'est décidé: j'arrête. D'ailleurs, IL ne supporte plus. Des fois, le soir, quand je rentre, j'ai à peine le temps d'ôter mon manteau qu'il me couche sur ses genoux et me flanque une fessée. "Tu pues" me dit-il. Lui, il n'a jamais fumé.

Hier, je lui raconte combien j'ai peur de craquer à nouveau. Il m'écoute. Puis brusquement il me dit "viens, nous allons faire quelque chose pour t'aider". Il va chercher un petit cahier d'écolier et un stylo plume. Il me demande d'écrire sous sa dictée: "si jamais je recommence à fumer, ne serait-ce qu'une cigarette, je suis d'accord pour recevoir une fessée qui comprendra: ... ". Là, il s'arrête. Je le regarde, affolée. Depuis des années, en prélude à nos nuits d'amour, il me donne des fessées câlines, mais jamais il n'a été question d'autre chose.

J'ai peur. Mais il me prend dans ses bras et me dit "Tu sais, je t'aime. Je ne veux pas qu'un jour, une grande maladie qui te ferait très mal, t'emporte loin de moi.. Alors, que choisissons-nous pour cette fessée que tu ne recevras jamais mais qui t'aidera à ne plus jamais toucher à ce poison ?" Je ne réponds pas. Je ne sais pas. Mais il insiste. Alors, timidement, je lui dis: "à la main". "Ah, non, me répond t'il. La main, c'est pour les fessées amoureuses, la main ça caresse autant que cela ne fesse...non. Pas la main ! Je n'y arriverais pas !"

Je cherche ce qui pourrait y ressembler un peu. Je me rappelle qu'un jour, il m'avait donné la brosse à cheveux. Ca fait plus mal que la main. C'est plus sec. Je lui dis timidement: "la brosse à cheveux". "Combien de claques avec ?" me demande t'il. "Cinq !". "Non, mais tu te moques. Tu n'as pas compris. Je ne veux plus que tu fumes, plus jamais. Alors, comme mesure supplétive de volonté tu sauras que si tu recommences, tu te prends une vraie fessée. Ce sera trente fois la brosse à cheveux. Note sur ton cahier."

Je suis tellement émue que je n'arrive pas à écrire. J'ai une peur ventrale qui s'est emparée de moi comme si cette fessée était pour maintenant. Il continue. "Quoi d'autre ?". Je ne sais pas, je ne sais plus, je ne veux pas savoir. Il me regarde. "Bon, mettons trente coups de martinet. Et je pense que ça ira. Et s'il y a récidive, ce sera cinquante de chaque. Note !".

J'écris consciencieusement sur les lignes bleues du petit cahier d'écolier. J'ai froid. J'ai envie de lui. Cette idée de fessée me tétanise et me fascine. Quand j'ai fini d'écrire il me dit: "tu me promets, si tu fumes, où que ce soit, tu me le dis. Et tu connais la suite." Je lui promets. Et il me prend dans ses bras et on fait l'amour et je suis heureuse.

Je résiste de jour en jour au bureau. Je résiste aux collègues qui me tentent et je résiste à cette fessée qui tout en me faisant peur me trouble. Et puis il y a ce pot. C'est Alain qui s'en va. Alain, voilà dix ans que nous travaillons ensemble. C'est le rire, la bonne humeur, le petit mot gentil. Alain c'est le café du matin et quelques confidences quand l'un de nous est chagrin. Tant pis. Je fume. Ma dernière clope avec lui.

Je me lave à fond les mains. Ca sent vite le tabac, les mains. Et puis j'ai acheté des chewing gum. Après tout, je n'ai fumé que trois cigarettes et dès demain, c'est fini. Il est tard. Il dormira. Je lui dirais, ça c'est juré, si je refume une autre fois. Mais là, c'était exceptionnel.

Dans ma petite voiture je ne sais plus. Je lui dis, je ne lui dis pas. Ca s'embrouille. Et puis j'ai un peu bu. Et puis j'ai aussi envie d'une fessée. Pour me consoler. Me consoler du départ d'Alain. Je ne sais pas.

Quand j'arrive, il m'attend. Il n'est pas content. L'heure tardive. Il fait la tête. J'aurais pu prévenir. Alors, parce que je ne supporte pas quand il me met à l'index, je pose ma tête sur ses genoux et je lui dis: "j'ai fumé".

Il me demande d'aller chercher les instruments. La panique me gagne. Pourquoi lui ais-je dit ? Pourquoi ne monte t'on pas dans notre chambre ? D'habitude... mais d'habitude, ce n'est pas la même chose... Je vais chercher la brosse à cheveux. Et dans l'armoire, là haut, derrière un petit panier, je prends le martinet. J'ai peur. Je suis en pantalon. Je ne suis jamais en pantalon d'habitude...

Il me dit de baisser mon jean. Il me dit aussi de baisser ma petite culotte. Puis il me courbe sur la table de la salle à manger. C'est froid. C'est dur. J'ai peur.

Il me dit: "tu comptes". Et le premier coup de brosse à cheveux tombe. Cinglant. Et j'oublie de compter alors il me reprécise: "tu comptes". "Un, deux, trois..." Ca fait comme une brûlure ici puis là. Il me fesse fort et sans s'arrêter. Ca fait mal et j'ai envie de pleurer. Mais tout doucement, je sens monter un immense plaisir au creux de mon ventre. C'est bouillant, torride, indélicat. J'ai honte de moi, je sais que je ne devrais pas ressentir cette totale volupté. Je ne bouge plus. "vingt huit, vingt neuf, trente". Je n'ai plus envie que ça s'arrête et finalement c'est maintenant que cela me fait mal. Maintenant, oui, j'ai vraiment mal.

Mais le martinet reprend.. Le martinet ça n'a rien à voir. C'est trompeur. Certains coups font du bien, d'autres mal. Mais là, c'est différent. Parce qu'il me donne une vraie fessée. Les lanières cinglent sur mes fesses déjà très chaudes d'avoir reçu la brosse. Je compte. C'est dur de compter. C'est punition. Je ne bronche plus. D'habitude, dans les fessées d'amour, je laisse mon corps ondoyer comme il en a envie. Là, je me sens punie. Alors j'essaye d'accepter le plus dignement possible. Il me frappe durement, sans un mot gentil, sans une caresse. C'est la première fois qu'il me fesse comme une gosse. Je sais au fond de moi que c'est sa manière de me dire qu'il tient à moi. J'ai mal et j'ai envie de lui. Ma peur, c'est qu'il ne me prenne pas dans ses bras ensuite, qu'il me rejète, qu'il ne me console pas.

J'ai compté le trentième coup. J'ai les fesses en feu parce qu'il a frappé fort. Je me sens battue. Il passe tout doucement sa main sur mes fesses meurtries et je sens le plaisir m'envahir. Il m'emmène dans notre chambre. On fait l'amour outrageusement. Je lui appartiens de tout mon corps qu'il a plié à son désir. J'ai besoin de son sexe pour renaître du néant ou il m'a plongé par les coups donnés.

Après l'amour j'ai toujours envie de fumer une cigarette.
J'hésite.
Non. Pas cette fois-ci.

© 2001

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