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Rush 4 : L'évasion
Jean-François

Rush 4

L'EVASION



RUELLE DU VIEUX LIEGE - EXTERIEUR NUIT

Quentin Durward (plan américain) occupe environ un tiers du champ, à gauche. Nous ne voyons qu'une partie de son corps, de dos, à demi embusqué dans un renfoncement voûté dont on distingue mal la fonction : porte? entrée de cour? amorce d'une venelle ou d'un escalier? Au-delà de Q.D. la camera prend en enfilade une ruelle médiévale mal pavée, bordée de maisons à encorbellements. Un caniveau coule au centre de la chaussée; ses eaux sales et grasses brillent sous la lune. La seule lumière vient d'une taverne située plus loin dans la ruelle (assez loin de Q.D. : 50 ou 60 mètres). La femme brune qui avait fait monter l'Ecossais dans sa chambre s'y dirige en plan de fuite, elle aussi vue de dos. Q.D. est immobile; la femme marche assez vite. Au moment d'entrer dans la taverne elle se retourne et adresse à son amant un geste crâne du pouce levé signifiant : on y va!

Contrechamp sur Q.D. vu de face (plan moyen). Grave, les traits tendus, il lui rend le même signe d'encouragement : ça va marcher!

La femme (contrechamp) pousse la porte de la taverne et entre.

Pendant le bref instant où la porte est ouverte nous entendons (off) des rires, des voix avinées.

Contrechamp sur Q.D. qui s'apprête à quitter son renfoncement quand vite il y retourne, cette fois à peu près complètement dissimulé. On entend (off) les pas rapides d'une dizaine d'hommes qui approchent.

Plan rapproché de Q.D. aux aguets qui glisse un oeil pour évaluer le danger.

La camera prend en enfilade (plan d'ensemble) la ruelle dans la direction opposée à la taverne. Les pas cadencés se rapprochent (off). Une patrouille conduite par un officier flamand passe dans une rue transversale et traverse la ruelle où est embusqué Q.D. Les pas cadencés s'éloignent (off).

Quand on n'entend plus rien, Q.D. sort de son renfoncement et s'éloigne rapidement en plan de fuite.

Fondu au noir.



PONT SUR UN CANAL - EXTERIEUR NUIT

Plan général large. Rapide et furtif, Q.D. traverse le pont et disparaît sur l'autre rive.



TAVERNE - INTERIEUR NUIT

Salle enfumée d'un bouge fréquenté par des individus aux mines patibulaires. Beaucoup de soldats et de mercenaires. Une partie de dés animée se joue à l'une des tables, sous le regard cupide d'une ribaude qui, debout derrière l'un des joueurs, le tient par le cou. Contrechamp sur la copine de Q.D.(plan moyen resserré) qui scrute la salle comme si elle cherchait quelqu'un.

Contrechamp sur la table où sont installés les deux schwarz-reiters. L'un des cavaliers noirs brandit la bouteille qui était posée devant lui, la retourne pour montrer qu'elle est vide et hurle sa commande en bas allemand. La serveuse (légère contreplongée) s'empresse de leur en apporter une autre. Au moment où elle est penchée (plan rapproché en légère plongée de la jupe de la fille) la main du schwarz-reiter s'égare sur sa croupe. Traveling arrière pour cadrer la salle en plan d'ensemble. La serveuse tape sur les doigts du cavalier noir qui éclate de rire et, furieuse, retourne au comptoir (pano-traveling gauche-droite) où le tenancier essuie des verres.

LA SERVEUSE : J'peux pas les voir, ces mecs-là!

LE TENANCIER (philosophe) : Ca consomme...

Retour sur la copine de Q.D. (contrechamp et traveling avant). Un sourire aux lèvres, elle se fraye lentement un chemin entre les tables.

Le schwarz-reiter qui avait voulu peloter la serveuse l'aperçoit (plan rapproché). Il s'immobilise au moment où il allait se verser à boire, la main crispée sur la bouteille, les yeux luisants de concupiscence.



PIECE DE L'HOTEL DE VILLE - INTERIEUR NUIT

Hameline de Croye (plan moyen) est ligotée à califourchon sur une chaise, ses bras attachés au dossier, ses chevilles ficelées aux pieds de la chaise. La camera la cadre de trois-quarts de dos. Sa robe est déchirée de la nuque au bas des reins, exposant ses épaules et son dos labourés de coups de fouet.

Un traveling arrière nous fait découvrir la pièce en plan semi-général. Face à nous, au premier plan, le Sanglier des Ardennes, debout, bras croisés, observe sa prisonnière. En arrière-plan, accroupi dans un coin, un bossu au faciès de dégénéré. Guillaume de La Marck s'approche d'Hameline et se penche (plan rapproché en légère contreplongée) pour mieux la tourmenter.

GUILLAUME : Tu vas m'en faire une.

Hameline ferme les yeux et se tait. Le Sanglier (plan américain) déboucle son lourd ceinturon et commence à déboutonner son pantalon juste devant le visage de la captive.

GUILLAUME : Il paraît que tu es une bonne fellatrice.

Quand Hameline ne répond toujours pas, il se penche (plan rapproché) jusqu'à ce que leurs visages se touchent presque.

GUILLAUME (enchanté de l'insulter) : C'est vrai ce qu'on m'a dit ... que tu suces bien?

Hamelin de Croye lui crache au visage.

Le Sanglier fait un bon en arrière, se dresse (retour au plan semi-général).

GUILLAUME (hurlant) : Nibus! Elle est à toi.

Le bossu se lève à moitié et s'approche en sautillant lourdement comme un crapaud.

NIBUS (bavant) : Je vais m'occuper d'elle, maître.



ECURIE - INTERIEUR NUIT

Une lourde botte (gros plan) se pose doucement sur la couche de paille qui jonche le sol, puis reste immobile. Un traveling arrière nous fait découvrir l'écurie cadrée en enfilade (plan général) puis un pano-traveling gauche-droite focalise notre attention sur les rangées de box où se devinent les chevaux. L'un de ces box (plan semi-moyen) abrite les deux chevaux d'un noir de jais des Schwarz-reiters. Contrechamp sur Quentin Durward, immobile, aux aguets. Il reprend sa précautionneuse et silencieuse marche en avant et ne peut éviter de faire craquer une brindille (off) mêlée à la paille. Il se fige aussitôt (plan américain resserré). Un cheval hennit (off). Retour au plan général. Une voix d'homme bougonne (off) dans le fond de l'écurie. Une lumière falote clignote. Le gardien de nuit apparaît, tout bouffi de sommeil (traveling avant) tenant une lanterne sourde à bout de bras.

Une main (gros plan) s'empare de la lanterne. Dans le même mouvement (plan américain) Q.D. poignarde le veilleur de nuit en plein coeur.

Plan moyen de Q.D. regardant le cadavre écroulé à ses pieds.

QUENTIN DURWARD (à mi-voix) : Tu as eu tort de te réveiller, mon vieux ...

Il essuie le poignard ensanglanté sur le pantalon du mort, souffle la lanterne qu'il pose sur une planche, loin de la paille. N'ayant plus de précautions à prendre, il va vite (pano-traveling droite-gauche) détacher les deux chevaux des schwarz-reiters. Puis il détache encore dans le box mitoyen un troisième cheval qui renâcle et hennit.

QUENTIN DURWARD : Oh! toi boucle-là.



TAVERNE - INTERIEUR NUIT

La copine de Q.D. est installée à la table des schwarz-reiters (plan moyen large). Elle rit et plaisante avec eux. Profitant d'un instant d'inattention, facilité par l'état d'ébriété des mercenaires allemands, sa main (gros plan) verse le contenu d'une petite fiole dans le verre du plus grand des cavaliers noirs, celui qui avait fouetté Hameline sur la place de l'Hotel de Ville.

Traveling arrière pour revenir au plan général, cette fois en légère plongée. La fumée des pipes en terre forme un épais brouillard dans lequel la serveuse navigue entre les tables, quatre ou cinq pots d'étain dans chaque main. On mène grand tapage à la table des joueurs de dés. Les deux mains croisées sur sa confortable bedaine, le tavernier contemple le spectacle d'un air satisfait.

Plan moyen de la table des schwarz-reiters. Celui qui a bu le contenu de la fiole est affalé sur la table.

LA BRUNE : Viens donc coucher chez moi?

LE SCHWARZ-REITER (désignant son camarade) : Und lui?

LA BRUNE : Laisse-le roupiller.

LE SCHWARZ-REITER (la voix pâteuse) : Gand la gasthof va fermer, goi le batron il va faire de lui?

LA BRUNE (riant) : Je te parie qu'il lui donnera son lit, et lui il ira se pieuter sur une paillasse. Qu'est-ce que tu crois ... Vous autres les schwarz-reiters vous êtes nos troupes d'élite. Tout Liège parle de vos exploits. Vous êtes les rois ici!

LE SCHWARZ-REITER (épanoui) : Cha ch'est la férité.

LA BRUNE : Alors viens... Elle se penche (plan rapproché) et à voix basse à son oreille : Quand un gars me plaît, je sais être très gentille avec lui.

Ils sortent (retour au plan général avec pano-traveling droite-gauche), la copine de Q.D. soutenant le cavalier allemand qui titube.



AVENUE DESERTE - EXTERIEUR NUIT

Un plan d'ensemble nous montre Q.D. monté sur le cheval qui n'est pas celui des schwarz-reiters, tenant les deux chevaux noirs par la bride, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche, et s'éloignant au trot en plan de fuite.

Fondu enchaîné.



CHAMBRE DE LA BRUNE - INTERIEUR NUIT

Le fondu ouvre sur deux pieds nus en gros plan.

Un traveling arrière nous montre la chambre en plan semi-général. Une bougie dans un chandelier éclaire faiblement la scène. Le schwarz-reiter, ligoté, est couché par terre sur le dos. On lui a ôté ses bottes qui sont posées de chaque coté de sa tête. La brune, debout, regarde les bras croisés Q.D. qui, agenouillé devant les pieds du prisonnier, lui enroule une mèche autour des orteils.

QUENTIN DURWARD (à la brune) : Passe-moi la bougie.

LE SCHWARZ-REITER : Cha va ... che sais gand j'ai berdu.

QUENTIN DURWARD : Tu es prêt à parler?

LE SCHWARZ-REITER : Ja.

QUENTIN DURWARD : Où est Hameline de Croye?

LE SCHWARZ-REITER : A l'Hôdel de Ville ... mais il est drot tard, mensch.

QUENTIN DURWARD : Guillaume l'a tuée?

LE SCHWARZ-REITER : Il l'a lifrée à Nibus ... buis il a ordonné gu'elle choit étranglée.

QUENTIN DURWARD : Qui est Nibus?

LE SCHWARZ-REITER : Ach! ch'est eine gnome.

LA BRUNE (à Q.D.) : Je le connais. C'est le bouffon du Sanglier. Un fou sadique.

Q.D. poignarde l'Allemand en plein coeur.

QUENTIN DURWARD : Désolé, mon vieux ... je n'ai rien de personnel contre toi, mais nous ne pouvons pas laisser de témoins.

LA BRUNE (choquée) : Avais-tu besoin de le tuer?

QUENTIN DURWARD : Je lui rends service. Guillaume l'aurait fait écorcher vif.

Il regarde sa copine (plan américain) et lui demande : Comment t'appelles-tu?

LA BRUNE (off) : José.

QUENTIN DURWARD : Alors remue-toi le cul, José ... il n'y a pas une minute à perdre.

Plan semi-général de la chambre, occupée seulement par le cadavre ligoté qui gît sur le placher. On entend (off) les pas de José et de Q.D. qui descendent précipitamment l'escalier.



PIECE DE L'HOTEL DE VILLE - INTERIEUR NUIT

Hameline de Croye (plan américain), les yeux agrandis par l'épouvante, est acculée dans un angle de la pièce. Son visage tuméfié porte la trace de coups. Son sein gauche saigne, balafré par une large estafilade.

Contrechamp sur le bossu tout nu (plan moyen large) qui exécute une danse barbare.

Plan rapproché du bossu dont les yeux jaillissent des orbites pendant qu'une main le saisit par les cheveux et lui rabat la tête en arrière.

Gros plan sur le coutelas qui tranche la carotide. La trachée-artère, l'oesophage, les cordes vocales sectionnées se détendent comme des cordes à piano et flagellent l'air dans un bouillonnement de sang.



CHEMIN DE HALAGE - EXTERIEUR NUIT

Plan général large. Q.D. et José montent les deux chevaux noirs des schwarz-reiters. Hameline de Croye est sur le troisième cheval. Un pano-traveling gauche-droite les montre galopant à bride abattue le long d'un canal et s'éloignant rapidement en plan de fuite.

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