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Rush 2 : Dames en détresse
Jean-François

Rush 2

DAMES EN DETRESSE



CHAMBRE DU CHATEAU DE LA MARCK - INTERIEUR JOUR

Plan moyen de Hameline de Croye, la tante d'Isabelle qui l'a accompagnée dans sa fugue. Elle est agenouillée sur un prie-dieu, attentive aux bruits qui arrivent de l'extérieur. Une religieuse de l'ordre des Clarisses (robe et chape bleues; scapulaire et serre-tête blancs; voile noir) lui tourne le dos. Debout devant la fenêtre fermée, la nonne regarde dehors à travers les vitres serties de plomb. On entend (off) une sourde rumeur, des exclamations, un cliquetis d'armes, des ordres aboyés, mais trop assourdis pour que l'on puisse en saisir le sens. Les seuls mots que l'on distingue sont LIEGE! LIEGE! SANGLIER ROUGE! hurlés par tous les assiégés.

Cette rumeur, ces clameurs cessent brusquement.

Plan rapproché de la tante Hameline. Son visage reflète l'attente et l'anxiété. Le silence dure plusieurs secondes, rompu par le bruit caractéristique d'une fessée.

Plan américain large de la religieuse, toujours vue de dos à son poste d'observation.

LA CLARISSE : Ca y est.

LA TANTE HAMELINE (off) : Oh! mon Dieu!

LA CLARISSE : N'invoquez pas le nom du Seigneur, madame. Priez plutôt pour votre nièce.



CHEMIN DE RONDE - EXTERIEUR JOUR

Plan d'ensemble en plongée, pris de la fenêtre derrière laquelle la Clarisse est en observation. Le chemin de ronde est noir de monde, la populace contenue par des hallebardiers pour dégager Guillaume de La Marck qui tient Isabelle de Croye, troussée et déculottée, courbée sous son bras et la fesse à tour de bras.

Zoom avant rapide pour cadrer la fessée en plan moyen. Les gifles claquent comme des pétards, amplifiées par la sonorisation.

Plan moyen large sur le groupe des ménagères que nous avons déjà vues, quand une maman montrait le martinet à sa fille.

UNE MENAGERE (goguenarde, penchée sur l'adolescente) : Tu vois ce qui t'attend quand tu auras un mari?

LA GAMINE (essayant de crâner) : J'aime mieux un mari qui fesse plutôt que pas de mari du tout.

Toutes les femmes, y compris la mère, se tordent de rire.



FORET - EXTERIEUR JOUR

Plan d'ensemble d'un chemin forestier. Un cavalier vêtu d'une casaque rouge aux armes de Bourgogne mène sa monture à bride abattue. Il semble arriver droit sur nous. Puis nous le suivons (panoramique droite-gauche suivi d'un zoom arrière) il s'éloigne de dos et sort du champ.

La camera se dresse pour nous montrer les frondaisons.

Entre la cime des arbres nous apercevons un ciel noir d'orage que strie un fulgurant éclair. Claquement de tonnerre.

Fondu enchaîné.



CHAMBRE DE LA TANTE HAMELINE - INTERIEUR JOUR

Le même coup de tonnerre roule en enchaîné. La lueur blanche, électrique, de la foudre illumine la chambre et sa lumière aveuglante souligne un lourd chandelier d'argent, posé sur une console.

Plan rapproché d'Hameline de Croye, toujours agenouillée sur son prie-dieu. Soudain très éveillée, alors qu'elle avait paru plutôt prostrée et apathique jusqu'alors, elle regarde fixement le chandelier que l'éclair vient d'illuminer. Son regard alerte va du chandelier à la nonne.

LA CLARISSE (off) : Votre nièce a la peau sensible. Notre maître vient tout juste de commencer et ses parties innommables sont déjà écarlates.



CHEMIN DE RONDE - EXTERIEUR JOUR

Plan rapproché d'Isabelle fessée sur son derrière nu.

Gros plan montrant le visage d'Isabelle baigné de larmes et la bouche grande ouverte.

ISABELLE : Aaaahh ! !... Non ! !... Pitié... Plus... plus la fessée.

Gros plan montrant les fesses d'Isabelle claquées au pourpre foncé.

Plan américain serré du Sanglier des Ardennes fessant sa captive à tour de bras.

ISABELLE (off) : Rôôô... Pitié ! !... J'obéirai... Oui ! !... Je serai soumise... et docile... Raaaahhhh... Oh! mes fesses ! !... Nonnn... Plus....

La pluie se met à tomber avec violence. Isabelle est fessée sur son derrière tout mouillé.



VALLEE DEVANT LE CHATEAU FORT - EXTERIEUR JOUR

Plan d'ensemble sur l'armée bourguignonne immobile, massée sous les murailles. Tous les visages sont levés pour assister au châtiment de la jolie fugueuse.

Plan rapproché sur le Téméraire qui, lui-même, ne peut s'empêcher de sourire...



CHAMBRE DE LA TANTE HAMELINE - INTERIEUR JOUR

Plan moyen d'Hameline. Alors que la Clarisse ne quitte pas la fenêtre, contre laquelle tambourine l'averse, la tante d'Isabelle se lève précautionneusement de son prie-dieu et se dirige sur la pointe des pieds vers la console où est posé le chandelier.

Gros plan sur la main d'Hameline qui saisit le chandelier par sa tête et doucement le soulève...

LA CLARISSE (off) : Notre Mère Supérieure nous donne la fessée mouillée. Elle nous plonge les parties innommables dans une bassine et les sèche à la .......

(off) le cri étouffé de quelqu'un qu'on assomme, suivi du bruit mou de la chute d'un corps.



CHEMIN DE RONDE - EXTERIEUR JOUR

Plan rapproché sur Guillaume fessant une Isabelle hurlante sous la pluie battante.



VALLEE DEVANT LE CHATEAU FORT - EXTERIEUR JOUR

Plan général en légère plongée. Le cavalier à la casaque rouge déboule au milieu des troupes bourguignonnes qui s'écartent pour le laisser passer.

Suivi en panoramique droite-gauche du cavalier, puis léger zoom arrière le montrant, de dos, fonçant à bride abattue en direction du château de Guillaume de La Marck. La pluie redouble de violence.



COULOIR DEVANT LA CHAMBRE D'HAMELINE DE CROYE - INTERIEUR JOUR

Plan moyen des gardiens. Devant la porte où est détenue prisonnière la tante d'Isabelle, deux soldats flamands, l'un accroupi, l'autre étalé de tout son long par terre, jouent aux dés.

La porte s'ouvre sans bruit. La Clarisse sort sur la pointe des pieds. Son scapulaire et ses voiles sont tirés le plus possible tout autour de son visage de façon à masquer ses traits.

PREMIER SOLDAT (dégageant la porte) : Allez y, ma soeur.

DEUXIEME SOLDAT : Comment va la tante?

LA CLARISSE : Mieux que sa nièce.

Un rire gras secoue les deux gardes.

LA CLARISSE : J'ai réussi à l'endormir. Je n'ai rien mangé depuis ce matin. Je vais aux cuisines me prendre une collation. En attendant mon retour, faites bonne garde, mes braves.

PREMIER SOLDAT : Soyez sans crainte, ma soeur.

LA CLARISSE : Qui gagne aux dés?

DEUXIEME SOLDAT : Moi pour l'instant. Mais le jour du Jugement Dernier j'aurais une lourde dette à payer.

LA CLARISSE : Implore la miséricorde divine et reverse une partie de tes gains aux bonnes oeuvres.

La camera suit en plan de fuite la religieuse qui s'éloigne et, à un coude du corridor, sort du champ.



SOUS LES MURS DU CHATEAU - EXTERIEUR JOUR

Plan moyen de Charles le Téméraire que rejoint le cavalier à la casaque rouge, trempé comme s'il sortait d'une rivière.

LE TEMERAIRE : Par la sainte messe! Pourquoi es-tu ici, Bartholomé? Je t'avais laissé gardien de Peronne avec Crèvecoeur.

BARTHOLOME : C'est le comte de Crèvecoeur qui me dépêche auprès de Votre Majesté. Les Liégeois se sont révoltés. Notre garnison a été massacrée. Ils ont tué leur évêque, ont donné son corps à manger aux chiens et ont incendié son palais. Il nous faut agir d'urgence, Sire, avec le respect que je dois à Votre Seigneurie.

LE TEMERAIRE : où est Crèvecoeur?

BARTHOLOME : Il garde Peronne, selon les ordres de Votre Majesté.

Gros plan sur le duc de Bourgogne, le front plissé, réfléchissant.

(off) on entend toujours les cris, les suppliques, les promesses de bonne conduite d'Isabelle qui continue à se faire fesser sur les créneaux.

LE TEMERAIRE : Fais sonner la retraite, Bartholomé.



VALLEE S'ETANDANT ENTRE LE CHATEAU DE LA MARCK ET L'EPAISSE FORET DES ARDENNES - EXTERIEUR JOUR

Plan d'ensemble des troupes bourguignonnes.

Dans tous les corps... gens de pied... bourguignons d'origine ou mercenaires... des lourds artilleurs à la cavalerie légère... sonne la retraite.

Un très large panoramique en légère plongée nous montre l'armée bourguignonne décrochant et levant le siège.

(fin de la première bobine de 300 mètres)

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