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Rush 1 : Isabelle et Bourgogne
Jean-François

Rush 1

ISABELLE ET BOURGOGNE



PAYSAGE DANS LA BRUME - EXTERIEUR JOUR

Le générique se déroule sur un plan général en légère plongée d'un vallon boisé dans les Ardennes belges. Ni son ni musique. Le silence est total. Le jour vient de se lever, des écharpes de brume flottent au-dessus des prés et des bois. C'est une vallée sauvage dont un des versants est occupé par un puissant château fort que surplombe une paroi rocheuse abrupte, tandis que sur l'autre s'étend, à perte de vue, une épaisse et noire forêt. Entre les deux versants coule un torrent que franchit, sur un vieux pont en dos d'âne, un sentier menant au château. On aperçoit sur ce sentier, parfois noyé dans une nappe de brouillard, parfois émergeant à découvert, un point brillant qui bouge. Ce point se précise jusqu'à nous faire découvrir un cavalier solitaire revêtu d'une riche armure scintillante, montant un destrier caparaçonné. C'est Charles le Téméraire. Pour l'instant le duc de Bourgogne et sa monture nous tournent le dos et se dirigent vers le château.

L'écran affiche en gros JUSSADE

dans :

Panoramique gauche accompagné d'un léger zoom sur la forteresse où éclate brusquement une fanfare, semblable aux musiques que jouaient les hérauts dans les tournois.


LE SANGLIER DES ARDENNES


Un film de Mario DELLAMARE

Adapté du roman de Walter Scott QUENTIN DURWARD

Scénario et dialogues de Jean-François MOLENBEEK

Arrivé au pont sur le torrent, Charles le Téméraire lance son cheval au galop et arrive, seul, sous les murs du château où la fanfare se tait aussi subitement qu'elle a éclaté.



PONT LEVIS DU CHATEAU - EXTERIEUR JOUR

Plan moyen sur le duc de Bourgogne. Il relève la visière de son heaume. Debout sur ses étriers, sa grande cape flottant au vent, il brandit son poing fermé en direction du chemin de ronde et des créneaux.

LE TEMERAIRE (criant à tue tête) : Chien galeux ! !

L'écho renvoie dans la vallée : ... leux... leux... eux...

Le château répond par une courte fanfare.

LE TEMERAIRE : Fils de truie ! !

L'écho : ... ruie... uie... uie...

De nouveau le château répond par quelques sonneries de trompes.

LE TEMERAIRE : La Marck... Puant putois de Flandre... (avec un rire sarcastique) : "Le Sanglier des Ardennes" Ha! Ha!... Un sanglier aux abois sort des fourrés pour faire face à ses agresseurs... Tandis que le putois lâche et poltron que tu es se cache au fond de son terrier en chiant de peur.



ENCEINTE DU CHATEAU - EXTERIEUR JOUR

Un guerrier se montre au-dessus des créneaux. C'est Guillaume de La Marck, comte de Liège et de Maëstricht, chef des Flamands révoltés contre la domination bourguignonne. Plan américain large sur Guillaume : un colosse hirsute au visage piqueté de petite vérole, type même du seigneur féodal brutal et cruel. Par dessus sa cuirasse il porte, comme une casaque, la peau d'un énorme sanglier dont la tête, les oreilles et les défenses le coiffent à la manière d'un capuchon.

LA MARCK (ricanant méchamment) : Tiens! Un lièvre sur mes terres de si bon matin... Comment désires-tu être mangé à mon repas de noces, Charles : en civet? Rôti? En pâté aux noisettes?

Retour au plan général serré sur le mur d'enceinte. Le Liégeois s'appuie des deux mains sur un créneau et regarde son adversaire en-bas.

LE TEMERAIRE (en plongée) : Rends-moi ma pupille.

LA MARCK (en contre plongée) : Je ne vais pas te la manger, ta Isabelle. Je vais au contraire l'épouser aujourd'hui.

Le Sanglier se retourne et fait un signe.



CHEMIN DE RONDE - EXTERIEUR JOUR

Des hommes d'armes amènent Isabelle de Croye (Jussade) qui se débat en vain. Elle est sale, décoiffée, ses vêtements déchirés.

LA MARCK : Regarde, Charles, comme elle est vilaine.

Plan rapproché sur Isabelle haletante, maintenue par ses gardes.

LA MARCK (lui mettant une main sous le menton pour l'obliger à le regarder) : Qu'est-ce que je t'ai promis, ma belle, si tu essayais de t'évader?

ISABELLE (sa poitrine se soulevant et s'abaissant comme un soufflet de forge) : La... La...

LA MARCK (d'un ton doucereux) : La quoi, ma mignonne?

ISABELLE : La fessée!

LA MARCK (encore plus mielleux) : La fessée administrée comment, mon enfant?

ISABELLE (prête à défaillir, soutenue par les hommes d'armes) : La fessée en public!

LA MARCK (penché entre deux créneaux) : Tu entends ça, Charles?

Plan américain sur le duc de Bourgogne. Penché sur l'encolure de son cheval, les yeux mi-clos, il semble réfléchir profondément.

Plan général du château dont le chemin de ronde se couvre de monde : beaucoup de soldats, des artisans et bourgeois. Des femmes de la noblesse et leurs servantes.

La fanfare retentit.

Plan d'ensemble moyen sur le groupe formé par le chef flamand d'un côté, face à Isabelle de Croye entre ses deux gardiens.

LA MARCK (aux hommes d'armes) : Lâchez-la.

Ils lâchent leur captive qui rentre sa tête dans ses épaules et reste les bras ballants, les yeux baissés, ses cheveux ébouriffés en travers du visage.

LA MARCK (au duc de Bourgogne) : Regarde, Charles... Regarde comme j'ai bien dressé ta pupille. (à Isabelle, sèchement) : Prépare-toi.

Panoramique droite-gauche sur l'assistance avec quelques gros plans rapprochés montrant des femmes plaisantant entre elles, des servantes goguenardes... Une châtelaine richement habillée fait rire ses compagnes en mimant le geste de claquer en rythme un imaginaire fessier. Une servante fait des grimaces comiques et se contorsionne en se frottant la croupe comme si elle avait reçu le fouet. Poursuite sur l'assistance en panoramique lent avec à nouveau quelques plans rapprochés : un arbalétrier apoplectique, le visage congestionné sous son bassinet, les yeux luisants de concupiscence. Un jeune officier à la moustache conquérante, beau garçon et le sachant, bombe le torse et prend des poses avantageuses devant les femmes qui rient sous cape. Une maman sort un martinet de son cabas et le montre à sa fille de quatorze ou quinze ans qui fixe le fouet d'un air piteux, écarlate et ne sachant plus où se mettre sous les sourires approbateurs et intéressés d'un groupe de ménagères.

Plan moyen d'Isabelle qui se trousse, porte ses mains derrière sa taille et dénoue lentement les cordons de ses caleçons pour se faire fesser devant tout le monde sur son derrière nu.



LA FORET - EXTERIEUR JOUR

Plan général en légère plongée de l'épaisse et immense forêt qui couvre l'autre versant de la vallée, au delà du torrent. L'armée bourguignonne sort du sous bois sur un front qui semble couvrir toute la longueur de la vallée : ils sont des centaines, en rangs serrés, qui avancent comme une formidable marée d'insectes : archers au casque à protège-nuque, piquiers allemands au costume bigarré, gens d'armes maniant la masse ou la hache, mercenaires suisses emplumés, hallebardiers, haquebutiers portant la haquebute montée sur trépied, ancêtre rudimentaire de l'arquebuse... La cavalerie, étendards et bannières claquant au vent... L'artillerie, roulant péniblement sur des affûts grossiers, tirant, poussant de longues couleuvrines et de pesantes bombardes... Le génie lance des troncs d'arbre par-dessus le torrent pour faire passer les machines de guerre : catapultes et crache-feu...



ENCEINTE DU CHATEAU - EXTERIEUR JOUR

Plan moyen sur le duc Charles dont le visage rayonne de joie et de fierté. Il tourne son cheval face à ses troupes, dégaine son glaive, le brandit.

LE TEMERAIRE (hurlant) : Isabelle et Bourgogne ! ! !



LA FORET ET LE TORRENT - EXTERIEUR JOUR

L'armée traverse le torrent. En réponse au cri de guerre du duc, une immense clameur monte des troupes en marche : ISABELLE ET BOURGOGNE ! ! !



LE CHATEAU FORT - EXTERIEUR JOUR

Plan d'ensemble sur l'imposante forteresse. En haut des murailles et des tours, entre les créneaux, les échauguettes, on aperçoit une foule considérable : soldats, bourgeois, femmes... Tout ce monde grouille et s'agite. Répondant à la clameur des Bourguignons, un cri non moins fervent et belliqueux part du château assiégé et emplit la vallée : Liège! Liège! Sanglier Rouge!



CHEMIN DE RONDE - EXTERIEUR JOUR

Plan moyen coupé montrant le bas des jambes d'Isabelle, coupé juste au-dessous des genoux, à la hauteur où sa jupe est troussée. Nous voyons glisser le long des mollets de la pupille du Téméraire d'abord un caleçon, puis un deuxième. Ils tombent sur ses pieds et restent enroulés autour des chevilles en tas chiffonné.

Puissant mais bref son de trompe.

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