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L Ôte L
Ellie

(Brève D'Ellie - 7)

Le lit, posé comme une île, ponctué de deux tables de nuit. En face, une armoire poussée dans l'angle de la fenêtre à rideaux. Au sol, ne reste qu'un maigre serpentin de moquette qui semble rattacher l'ensemble de ce curieux garde meuble. La chambre d'hôtel a ceci de particulier qu'elle ne ressemble en rien à la votre, jamais. L'homme debout qui attend, ne ressemble pas au votre non plus, d'ailleurs.... !

Petit ou grand, mince ou gros, emprunté ou assuré, d'écritures en rencontres, il est là pour vous fesser. Et vous ? Vous êtes là pourquoi, exactement... ? Un début d'incrédulité floute votre réalité. Ce n'est pas le fait de votre première fois et c'est pourtant comme si. Et chaque fois, c'est l'effet d'une toute première fois...

Il s'avance, vous parle. Vous répondez en biais, décérébrée, en vous heurtant aux meubles trop présents, aux murs trop serrés. Puis sans envoyer d'invitations, il capture votre regard et vos deux épaules et fermement mais sans brutalité vous entraine au bord du lit sur lequel il s'assoit en vous basculant, couchée sur le ventre, en travers de ses genoux. Commence alors par les premières fessées, le lent et pétrifiant mouvement de l'appropriation.

Bientôt le pantalon glisse sur les cuisses, la tunique est relevée sur le haut des reins. Les ballerines, suspendues aux orteils, chutent. Ne reste sous les claques de sa main sèche qu'une fine culotte orange dans l'élastique fragile de laquelle vos doigts crochètent quand il annonce qu'il va falloir, maintenant, vous la retirer....

Sous son insistante sans faille, elle vous échappe et glisse le long de vos jambes, vous quitte rapidement, aidée par vos mouvements désordonnées, sans même que vous ne vous en aperceviez car sur vos fesses offertes à présent comme deux amandes pelées, lui fait connaissance de leur grain leur chaleur leur 'vivant'.

Il claque fasciné, envouté, n'en doutez pas, par cette incroyable occasion, hors de toutes conventions sociales ou morales. Et vous dans un autre bonheur, vous recevez en priant pour que ne s'arrête jamais ce balai des émotions, cet aspirateur de sensations. Vous vous laissez, toute étonnée, ouvrir entière à toutes perceptions nouvelles dans cette danse le ventre nu sur le tissu de son pantalon, votre nudité explorée.

La honte de se montrer à fondue et la honte de tout ce plaisir que vous ne pouvez cacher s'installe dans votre exhibition, la façon de vous offrir. Les rires et les réparties se sont absentés. Petit à petit, vous pénétrez ensemble le silence des plaisirs. Quel supplice intense et tenace de vous laisser submerger par le pouvoir de votre corps. C'est lui qui s'exprime maintenant, c'est lui qui tel les otelles des boucliers couchés des vaincus se cambre s'écartèle.

Le plaisir lèche et gagne sur les plages de mes pernicieux penchants. Quand il s'interrompt et me redresse éperdue, les fesses cramoisies, le cul en feux, le coeur étourdi, la puissance des émotions hypnotiques en lecture sur son visage ne sont que le reflet troublant des miennes effrayantes et que je ne veux pas lire. Et perdue, je fuis...

 

Ellie C. - Avril 2011

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