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Train d'enfer
Ellie

Le train, ou plutôt les secousses du train, la rengaine des roues sur les rails, déclenchent chez elle un brassage de pensées toutes plus interlopes les une que les autres. Des pensée agissantes, participantes, accompagnantes, de ce rustre tempo.

Elle rechigne à rejoindre la couchette haute perchée au dessus des corps inconnus d'autres locataires du compartiment. Elle reste debout dans le couloir après avoir vaguement installé quelques affaires pour la nuit. Le front sur la vitre poisseuse, Les coudes, façon ailes de poulet, sur la barre d'appui, elle se laisse heurter par l'arrivée violente des vues dans la rétine. Pendant ce temps son cerveau s'emballe en roue libre sur les rails de sa libido « arcanique ». La porte coulissante derrière elle chuinte en s'ouvrant sur le couloir désert à cette heure avancée - contrairement aux trains, il n'y a pas d'heure retardée... (fine observation de l'auteur) - et dans le reflet, elle aperçoit l'homme de la couchette d'en face se dresser. Brun sombre écume argent, massif, pas immense, ailleurs genre - je suis occupé, voir pré occupé, je fends la vague ne restez pas devant l'étrave. Elle se décale agacée par son irruption-interruption dans les décalages de ses pensées qui dorlotaient son spleen de rentrée. Ils se regardent, elle renfrognée, lui froid jaugeur. Puis elle retourne à son carreau, lui au bout du couloir. Sur son retour, il s'arrête quelques instants en appuie sur la cloison puis d'un coup d'épaule se redresse, la dérange et la main sur le loquet lui suggère d'en profiter pour se coucher, elle aussi.

On ne peut pas dire que cela soit désagréablement proposé, même si légèrement intrusif, voir paternaliste, mais encore une fois, elle se sent renfrognée. Elle aimerait que l'on respecte un peu l'entrée de sa caverne et d'une voix lasse, elle laisse rebondir sur la vitre un - mais oui, c'est ça, bonne nuit Papé.

Toujours dans la vitre, le bras du « Papé », son poignet, sa main, ses doigts, interrompent le mouvement d'ouverture amorcée. C'est le moment de faire semblant de rien et pendant que l'ange passe, elle se concentre sur un - Ne pas se pencher à l'extérieur - aux lettres abîmées. Comme la nuit est tombée, il n'y a plus que le reflet figé à regarder et elle ne tient pas trop à se laisser capturer par son regard à lui. On ne sait jamais, il pourrait y lire un tas de trucs qui ne le regarde pas ! Par contre lui, ce n'est pas du tout dans son idée, ni de continuer à lui mater le dos, ni de rentrer dans la boite à dodo, finalement.

- Pourriez vous retourner, faire face en quelque sorte ? Sourde-t-il en mode - je n'ai pas besoin d'élever la voix, pour être obéi, sur cette planète.

Elle pivote doucement sur son axe. Ils sont maintenant nez (à elle) à torse (de lui)

- Vous, vous allez recevoir une bonne fessée déculottée, l'informe-t-il le plus intensément-naturellement du monde. Pas de point d'interrogation, ni de conditionnel, une simple évidence informative.

- Juste parce que je ne veux pas aller me coucher ?

- Juste parce que vous me les cassez ! Et il l'entraîne par le coude coudé le long du couloir vers le sas chaotique et désert.

Alors elle - Il y a son corps, un peu surpris flageolant, légèrement résistant. Et puis sa tête, curieuse voyeuse - comment cela va-t-il se passer ? qui la laisse aller, qui l'entraîne même aussi sûrement que sa poigne à lui. Il la courbe et la colle bien serrée contre sa hanche. Le mouvement du wagon ne le fait pas vaciller. Il a le pied train.

Agile, il ramasse le tissu fin de la robe, en chiffon sur son dos et dénude d'un trait décidé ses rotondités. Du sans chichi ! La main est large et frappe en battoir remontant et claquant de façon souple et énergique, les chairs qui rougissent. Sous l'avalanche, elle trépigne cherche à s'agripper, très vite ahane puis stridule de plus en plus haut, sans pour autant rivaliser avec le boucan ambiant. Les claques se font de plus en plus rapides et sèches en un train d'enfer, il lui met le feu. Le feu aux joues, le feu au poumons, le feu au etc...Elle brame et son corps si tonique au début de la punition fléchit, s'alourdit se pâme.

Alors il la redresse, la secoue un peu pour lui faire ouvrir les yeux. Ce n'est plus l'homme froid d'avant maintenant, c'est l'homme chaud devant ! Il la plaque sur la cloison, vérifie ses divers consentements d'une main puis d'une bouche experte, se redresse et promptement la pousse dans les toilettes pour jouer tranquillement au bilboquet...

Plus tard, elle grimpe l'échelle du haut, se dévêt et se couche nue sur le ventre. Elle le voit enjamber la travée au dessus des dormeurs, la rejoindre, la saisir sous les hanches faisant, saillir son cul, et tout en s'allongeant s'ancrer profondément en elle pour, lui précise t'il, ne pas risquer de tomber, cette nuit, de l'étroite couchette.

 

Ellie C. - Octobre 2013

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