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Candles in the Wind (Il faut payer pour voir...)
Ellie

(Les aventures Délicieuses - 5)

Elle a beau se creuser la tête, aucune explication, réellement rationnelle, ne lui vient à l'esprit, pour étayer cette curieuse envie. Mais c'est un fait, Ellie a envie, une envie insidieuse de briser le vase du virtuel, une envie serpentine de rencontrer un troublé de la fessée. Un chauve à poil, un barbus pensif, un myope à sonnette, un pompiste péteur, un levé du pied gauche, elle s'en fiche ! Mais un fesseur, un accro-fondu de la première heure.

Elle écrit :

- J'aimerai vous rencontrer, juste pour voir votre trombine.

- Pardon ? vous vous moquez ? on n'est pas au zoo ici !

- Allez, soyez gentil, quoi, un petit peu de solidarité...

- Aaah mais, ça, il est hors de question, qu'une donzelle qui clame sur tous les toits qu'elle aime la fessée, espère une entrevue, sans qu'il y ait un minimum d'ouverture ! Me je suis-je bien fais comprendre ?

- Quel rabat joie vous faites, bon sang. Je suis sur que vous êtes capable de vous retenir une heure, sans me sauter dessus. Vraiment, vous attigez, je sais très bien que vous avez tout ce qu'il vous faut ‘à la maison’, c'est bien pour cela que je m'permets, vous pensez bien...

- Et alors, quand bien même ! je n'aime pas qu'on me mette des gâteaux sous le nez. Sérieusement, vous commencez à m'échauffer, pourquoi moi d'abord ?

- Parce que, selon mes critères, vous correspondez tout à fait, au profil du parfait fesseur. Ça ne coure pas les rues, les parfaits fesseurs, savez vous ? Alleeez ne soyez pas ronchon, un p'tit geste...

- Je ne fais pas dans le ‘p'tit geste’, j'ai une réputation à soutenir moi !

- (silence radio)

- Vous êtes toujours là ?

- Qu'est ce que ça peut vous faire ?

- Et vous boudez par-dessus le marché ? Vous ne manquez pas d'air ! Très bien, puisque vous insistez, je vous propose un marché - A priori, nous nous rencontrons, comme deux vieux copains de régiment, pour un déjeuner. Mais, mais, mais... si jamais vous faites la moindre bêtise, pendant le temps du susdit déjeuner, vous vous retrouvez allongée sur mes genoux, dans l'heure qui suit et cela que je vous plaise ou non ! C'est bien compris ?

- Pfff, vous êtes dur, en affaire, vous,... d'accord,... lundi ?

- Lundi !

C'est aujourd'hui, lundi. Il écrit :

- Ou et à quelle heure ?

- A 12h30, au bassin des Tuileries. Vous tournez autour, dans le sens des aiguilles d'une montre et moi dans l'autre. On finira bien par se rencontrer...

- Vous en avez beaucoup, des idées comme celle là ? Bon, je réserve le restaurant. Tachez d'être à l'heure, même si le jeu ne se passe que pendant le temps du déjeuner.

Évidement que je suis à l'heure, tellement à l'heure que je suis en avance et m'assieds sur une chaise glacée, en écoutant Elton John. Ça y est, je le vois, un costume sans cravate qui entame sa deuxième ronde. Seigneur, faite qu'il ne me plaise pas du tout...

Elle le regarde arriver, passer, continuer et ne peut s'empêcher de sourire, au quatrième tour, en se disant, que comme un âne autour du puits, il va finir pas creuser son sillon. Il lui jette un coup d'oeil rapide et Ellie a le pressentiment qu'il vaudrait mieux, pour elle, qu'elle s'en aille tout de suite. Elle attend deux secondes, se lève et je vous le donne en mille, tourne à sa rencontre.

- C'est vous, Ellie ? Vous n'êtes pas culottée de me laisser faire du manège, comme ça !

- Je tenais, juste, à m'assurer que c'était bien vous.

- C'est ça, je vous crois - dit il goguenard - venez !

Je suis prête. Relativement coiffée, à peu près maquillée, je n'ai pas mis un 90 C pigeonnant, mais pas, non plus, mon jean fétiche taché de jus de glycine et comme ça fait trois jours que je ne m'adresse plus à mon ordinateur qu'avec des ‘zut !’ et des ‘flûte !’, au lieu de ‘Fait chier, putain !’, je suis la fille la plus polie de Paris.

Le restaurant est dans une ruelle, derrière la comédie française ; calme, les tables pas trop serrées malgré l'exigüité (j'aime bien ce mot) de la salle. Le garçon prend la commande. Je me laisse guider, lui est un habitué et moi, j'ai autre chose à penser et à observer. Petit à petit, la conversation se tricote et j'ai beau essayer de ne pas trop sourire, je n'y arrive pas, mais alors pas du tout... Ça me rappelle du temps ou, étudiante, tout juste débarquée à Paris, les gens me regardaient le matin dans le métro, comme si j'avais fumé de la Marie Juana au petit déjeuner ! Maintenant on rit, catastrophe, avec une bière dans le nez, je vais finir par déraper.

J'effectue un repli stratégique vers les toilettes, pour reprendre mon souffle, rassembler mes idées, faire le point... heu et quoi d'autre encore ?. Je reviens. Je m'approche. L'arrondi de ma hanche frôle la table et là, je vois, trop tard, le haut verre, debout au bord, qui n'était pas là, tout à l'heure, ça, je vous le jure, monsieur le procureur ! Le verre qui se renverse, sans qu'hypnotisée, je tente de le rattraper. Le verre qui se couche, tinte, roule et se répand.

Les joues en feux, je m'effondre, catastrophée, sur la banquette rebondie. Il jubile, le traitre ! Les paupières mi clauses, sur son regard qui frise, un rictus de satisfaction, sur ses lèvres de vainqueur. Alors, d'un coup, le vent de la révolte me gifle. Perdre, éventuellement, mais certainement pas comme cela ! Et pendant que nous nous fixons pour l'éternité, mon genou soulève la table et la bière suit la pente et s'écoule sur son entrejambe. Son visage se fige, les yeux soucoupes. J'en profite pour présenter des excuses outrancières, afin de bien entériner le « fait exprès » !

Suite de la commande, le garçon se penche sur nous.
- Vous désirez pour votre dessert, Madame, Monsieur ?

- Rien, merci ! Le dessert attend Madame à la maison. Apportez nous l'addition, s'il vous plait - s'étrangle-t-il... Une des solutions possibles, pour évacuer sa fureur, serait de sauter par-dessus la table, prendre Ellie par la main, la trainer dans l'arrière salle, lui arracher son pantalon, son slip et

- Pas de café, non plus, Monsieur ?

- Non vraiment, je me sens affreusement tendu ... !

Je ne sais pas, ou on va, j'ai pris mon blouson et suis sortie devant lui. Il me rattrape par le bras et m'entraine vers l'inévitable. Il cache, derrière sa veste, suspendue au bras, l'humidité de son pantalon. Un immeuble, le hall, l'ascenseur qui décolle. A chaque palier, se déclenche dans ma tête, la petite ritournelle du type qui tombe du vingtième étage - jusqu'ici, tout va bien..., jusqu'ici, tout va bien...

Il serait superfétatoire de dire, que quand la porte se referme, je suis dans un état de totale déliquescence. D'une main ferme, il me conduit au milieu du séjour, me plante là, les bras ballants et va fermer les lourds rideaux de velours rouge. Puis, comme chez lui, il gratte une allumette et allume des bougies disposées un peu partout, sur les meubles et les étagères, derrière le divan...

AAAH, ça vous en bouche un coin, hein ? De la fessée romantique, vous, vous dites ? Je vous arrête tout de suite, vous vous égarez complètement, foin de tous ces chichis ! Devant mon air abasourdi, il a la délicatesse suprême de m'expliquer :

- Vous avez déjà entendu parler de la vente à la bougie, Ellie ?

- Fichtre... Ce n'est pas une sorte de vente aux enchères qui se clôture au moment ou la dernière bougie s'éteint ? (je n'ose comprendre, vous non plus j'espère ?)

- C'est à peu près cela. Et bien nous, nous allons expérimenter la fessée à la bougie. Tant que les bougies ne sont pas toutes éteintes, la fessée continue !

- Hein ? Mais ces bougies ont une durée de vie de plus d'une heure, voire deux. Vous voulez ma peau ?

- Je dois vous reconnaître une certaine perspicacité - répond-il sur un ton sarcastique - Je n'ai pas dit qu'il n'y aurait pas une pause, de temps à autre, mais ne vous estimez, libérée de vos « obligations », que quand la dernière flamme expirera !

Misère, mais c'est moi qui vais expirer sur le tapis. Il se pourlèche devant l'affichage de ma consternation, comme un gros matou chasseur.

- Je vais vous faire payer très cher, votre vilain tour, au restaurant. Ca, je peux vous le certifier, vous allez sérieusement regretter votre petite prestation !

Je bredouille faiblement:
- Tout de même, c'est bien vous qui avez, sournoisement, déplacé ce fichu verre ?

- Non, mais quel toupet ! s'exclame-t-il, haussant un sourcil - Auriez-vous l'effronterie de suggérer que ce verre ne s'est pas renversé, par le seul fait de votre maladresse ?

Murmure, yeux baissés :
- Heu, non .... (c'est vraiment trop injuste...)

Posément, il s'assoit sur le bord du divan et me fait signe d'avancer en agitant son index. Comme je prends le temps d'analyser le pétrin dans lequel je me vautre, il en repasse une couche :

- Ellie, dois-je prendre note de votre odieuse désobéissance, en plus de votre indéfectible impertinence ?

- Maiiiiis... et en trois enjambées, je plonge sur ses genoux.

- J'aime mieux cela !

Il inspire et - Clac, Clac, Clac... ! - Il s'exprime. Pétrifiée, je ne crie pas, je ne bouge pas. Et puis, le voilà qui fanfaronne :

- Ça à l'air d'aller, dites-moi ?

J'interroge, maussade, en me retournant à moitié :
- Ah, pourquoi ? vous avez commencé, j'ai raté quelque chose ?

Il soupire, se penche et persifle doucement à mon oreille:
- Décidément, vous ne pouvez pas vous en empêcher, hein ? il faut, toujours, que vous la rameniez, que vous fassiez, votre intéressante, votre pénible, votre petite maligne ?

Il me remet sur pieds, d'un bond et poursuit:
- On va voir, si vous crânez toujours, quand je vous aurai déculottée, quand j'aurai descendu votre pantalon et votre petite culotte sur vos chevilles !

Horreur, malheur, tout mon corps trésaille d'une sorte de désespoir, exquis...

- Qu'en pensez-vous ? Renchérit-il, en s'activant sur la fermeture éclair (la, bien nommée, quoique, ouverture éclair serait tout aussi judicieux, en l'occurrence).

Le pantalon de laine tombe, souple sur le parquet ciré. Il me couche à nouveau, me laisse savourer pleinement mes effrois, en ne me déshabillant pas, complètement, tout de suite. Il reprend la fessée, d'un geste ni trop lent, ni trop leste et mon pouls bat, alourdit de cette lancinante attente.

- Et maintenant, Ellie, qu'est il écrit dans le manuel du parfait fesseur ? que suis-je sensé faire, à votre avis ?... j'attends - insiste ce pervers.

- Jjjsjfhdlzieurytmc, allez au diable !

- Dites donc ! c'est ça votre réponse ? brame t'il horrifié - vous avez besoin d'une bonne reprise en main, vous. Ne vous inquiétez pas, je suis l'Homme de la situation. Je vais vous bricoler ça, moi ! Et il retrousse ses manches...

Au secours ! Je palpite de la tête aux pieds, quand de sa main experte, il fait glisser sur ma peau, la fine culotte de dentelles. Ça y est, j'y suis ! Honteuse, nue et hoquetante, les yeux verrouillés à double tour. Il apprécie, verbalise et flatte sans vergogne. Faites le taire ! Arrêtez ça tout de suite ! Qu'il fesse que je puisse ruer, tenter de m'échapper, comme ces larmes d'énervement qui sourdent.

Elle n'aurait peu être pas du prier si fort, voila ce que c'est que d'être exagérément pressée, maintenant, elle regrette, oooh ça oui, elle regrette ... Lui, se délecte ! Devant ses ruades en débandade, il l'a savamment fait glisser sur sa cuisse gauche et lui emprisonne les genoux avec sa jambe droite. Tout mouvement rebelle est entravé. Il profite pleinement du paysage. Il aime se charger, lui-même, de faire onduler, ondoyer et rougir à petit feux, ses deux monticules pommelés, présentés en évidence.
Sous la lumière des bougies, dont les flammes se couchent et se redressent, dans le vent du mouvement, je vois sur le mur, les ombres fantasques de sa main multipliée, qui s'élèvent et s'abaissent pour se rejoindre toutes, en un point très précis de mon anatomie.

Mes collines flamboyantes réclament une pause que dans sa grande mansuétude, il leurs accorde, tout en me faisant observer que les bougies, elles, sont loin d'être consumées, et qu'il sera temps ultérieurement de reprendre cette danse, aux couleurs d'été indien.

En cet instant précis, il sirote son verre en l'observant, pensif.
Oui, il n'en a pas fini avec elle et il s'en réjouit pleinement. Il laisse monter, en lui, cette récurrente et inépuisable envie de l'envelopper, de la plier, de la consommer. Oui, vraiment, il trouve cela particulièrement bon, de la sentir, là, sous lui, en train de se débattre et de se tortiller, sans pouvoir retenir ses gémissants et ses supplications, tandis qu'il fesse et fesse encore...

Mais, jetons là, un voile pudique et charitable sur le Kâma-Sûtra de la fessée qui s'en suivit... Passons sous silence, les multiples petites attentions et gentillesses qu'il lui prodigua avec toute la sensibilité et la créativité, délicieusement débridée qui le caractérise...

Il finit par me relever en douceur et recouvre délicatement mon impudeur. La tête dans les étoiles, je croise dans le miroir, une fille aux yeux d'oiseau de nuit. Derrière, un homme, l'air particulièrement satisfait, la regarde. Alors que la dernière bougie flanche et s'éteint, toujours face au miroir, je m'étonne ébouriffée :

- Saperlipopette, j'ai vraiment la tête de quelqu'un qui se serait pris une bonne fessée... !

Dans le reflet, il s'élance. Tout en tentant, vainement, de lui échapper, je proteste, indignée. C'est scandaleux, ce type est définitivement un sale tricheur !!!

 

Ellie C - Octobre 2009 -

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