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Halloween
Jean-Jacques

Il s'était perdu dans la forêt. Il aurait bien voulu que cela fut faux, tellement la situation était ridicule. On se perd dans les bois à dix ans, pas à cinquante-six. Il avait coutume de s'orienter grâce au soleil, et ainsi de retrouver grosso modo le chemin de l'orée du bois, mais ce jour-là le ciel était gris. Ses chevilles étaient douloureuses, il commençait à se tordre les pieds, et il avait soif. Enfin, il aperçut une cabane de rondins, sans doute des forestiers, ou des chasseurs, peu importait. Il allait pouvoir y faire halte pour récupérer et se faire indiquer la sortie. Il arriva devant la porte et frappa. Une voix de femme répondit et un pas alerte fit résonner le plancher. Puis la porte s'ouvrit, et il fut confondu de surprise : une grande et forte femme, vêtue en sorcière comme pour un bal costumé, le toisait d'un air ironique :
- Qu'est-ce qu'il veut le petit homme ?
- Je me suis perdu, s'entendit-il répondre. Est-ce que je peux m'arrêter un petit moment, vous m'indiquerez le chemin pour le prochain village.
- Mais oui, petit homme, entre donc, je vais m'occuper de toi.

Une cinglée, pensa-t-il. Il y a une mode des sorcières, depuis les mouvements féministes des années 70. Ça remplace les guérisseuses ou les magnétiseuses, ou les diseuses de bonne aventure. Celle-ci a dû péter un câble, elle s'y croit vraiment. Je ferais peut-être mieux de ne pas m'attarder.
La femme était bien plus grande que lui, ce qui le mettait mal à l'aise, mais son sentiment s'aggrava soudain quand elle tendit la main et le saisit par une oreille pour le conduire à l'intérieur.
Une autre femme, vêtue de la même manière, était assise près de la cheminée. Elle gloussa d'un bon rire en voyant arriver le promeneur, la tête penchée par la traction qu'exerçait la première femme.
- Ce petit bonhomme s'est perdu ! nous allons nous occuper de lui, déclara celle-ci.
- Et qu'est-ce qu'on commence à faire quand un petit bonhomme arrive ? Tout de suite ?
- On le fesse ! Tiens, ne te lève pas, déculotte-le et commence la fessée à la main, pendant que je vais chercher des orties.

Les larmes aux yeux à cause de son oreille tirée, notre malheureux fut conduit vers la femme assise, qui le déculotta de ses mains puissantes mais expertes, avant de le coucher sur son giron. Puis, sans attendre, une forte paume commença à s'abattre en cadence sur le derrière qui s'agitait, indigné de subir un tel traitement qu'il avait mis près de cinq décennies à oublier. Mais les tortillements semblaient exciter l'hilarité de la grosse femme, qui maintenait d'une poigne de fer le fessé sur sa cuisse gauche, les jambes bien coincées sous sa cuisse droite.
Sa compagne revint bientôt, brandissant une poignée d'orties, avec lesquelles elle fouetta, la mine gourmande, les fesses déjà bien rouges de l'infortuné quinquagénaire. Quand il sembla vaincu, la fessée s'arrêta enfin, et la sorcière assise le remit sur ses jambes, culottes aux chevilles :
- Tourne-toi ! Oh, les belles petites fesses bien rouges ! On croirait des pommes bien mûres ! Tiens, ça me donne faim !
- Mais lui aussi, il doit avoir faim. Il faut commencer par notre invité, ma très chère, pour être bien hospitalière.
- Tu as raison. Puis il doit être fatigué. Il faut l'allonger sur le tapis.

Et la grosse femme le fit perdre l'équilibre, puis le coucha sur le dos sur une peau de bête étalée devant la cheminée. Pendant qu'elle le maintenait par les épaules, il vit, les yeux écarquillés par l'appréhension, l'autre sorcière, celle qui lui avait ouvert la porte, lui tournant le dos, se trousser pour dévoiler un énorme derrière blanc et gras que ne couvrait aucune culotte. Puis elle s'installa sur lui, face tournée vers ses pieds, pour poser ce colossal arrière-train sur son visage, l'étouffant presque. Il était submergé par des effluves puissantes de sexe féminin, et l'entrefesson posé au dessus de son nez lui évoquait irrésistiblement un plateau de fromages.
- Lèche, petit homme, tu dois avoir bien faim ! Lèche, sinon c'est les orties sur ta petite queue, cette fois-ci ! Là, c'est bien, tu vois, mange, mon tout petit. Des crevettes, oh oui, tu aimes ça, les crevettes... Et du munster, hein, tu l'aimes, le munster... Oh oui... Lèche la bonne tartine...
- Mais on dirait que ça lui plaît, rit l'autre matronne, regarde !

Il sentit des mains sûres et précises, à la douceur surprenante, caresser ses organes génitaux pendant que le puissant fessier s'agitait en mesure sur son visage. Alors, il se laissa aller, léchant l'intimité humide et salée et emplissant ses narines des fragrances enivrantes qu'on lui imposait de respirer.
- Mange, petit bonhomme, tu ne sais pas qui c'est qui te mangera ! Il y en a autant que tu veux, moi aussi j'ai un gros derrière, rien que pour toi, tu sais ! sussura l'autre sorcière...

Il finit par jouir au milieu des rires des deux femmes, dans leurs mains, et se retrouva debout, les fesses en feu, le visage barbouillé des puissantes secrétions des sorcières en chaleur. Alors, avec sollicitude, elles lui firent boire une tisane étrange, évidemment aphrodisiaque, puisque le festin fut renouvelé encore et encore, une sorcière après l'autre. Cependant, elles durent s'apercevoir qu'il allait outrepasser ses forces pour de bon, et s'écartèrent enfin de l'infortuné. Il fut alors reconduit sans ménagement à la porte, à grandes claques sonores sur son postérieur encore déculotté, et mis dehors sans ménagement :
- Voilà, c'est par là, pour rentrer chez toi.
- Mais reviens quand tu veux, nous on est là tous les dimanches pour accueillir les petits hommes perdus dans les bois.

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