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Martinet volant
petit-chaperon-vert

Cette après midi là.

Vient toujours le moment ou l'on entre dans la chambre.
Je vais, pas trop pressée, vers la fenêtre, soulève le voilage et veut vérifier l'ouvrant. Mais déjà sa main s'appuie sur le montant. Son air entendu me fait comprendre qu'il a récemment lu le blog.

- Ne comptez pas lancer quoi que ce soit par cette fenêtre, lance t'il, lui.
- Juste un ?
- Aucun !

J'ai sorti du sac de velours tout doux les trois frères - Le gros intimidant fait maison, 'le p'tit bras' aux lanières veloutés et son faux jumeau épais et cinglant dit 'le ptit teigneux'.

Il ouvre lui-même la fenêtre, se penche et fait remarquer qu'il serait de toutes façons fort difficile de récupérer quoi que ce soit. Il a du mettre ses lunettes à l'envers car j'ai bien vu moi l'escalier métallique qui mène au toit terrasse que nous surplombons. Je profite du moment où il se redresse en regardant la vue impayable, pour saisir 'le gros intimidant' et le lancer souplement dans l'espace libre, sous son bras qui referme la fenêtre. Le martinet disparaît.

- Non vous ne ferez pas de lancé de martinet, conclus t'il en tournant la poignée.

- C'est fait ! Mettons tout de suite les choses au clair.

- Comment ? Je vois son regard incrédule compter ses outils. Puis il rouvre la fenêtre et peut observer son martinet allongé sur les gravillons, quelques étages aux dessous. Ça va fumer !

- Alors là vous allez vous en prendre une bonne ! Allongez-vous et ne bougez plus ! Gronde-t-il.

C'est plutôt rare qu'il soit en colère contre moi mais là, je sens que j'ai bien visé. Je ne moufte pas tandis qu'il saisi 'le ptit teigneux' et ne retient guère son bras pour en strier mes fesses nues. Il finit par le lâcher pour abattre durement sa main, comme si le déchargement de toute l'électricité de cette situation s'effectuait ainsi mieux, de lui en moi. Je respire fortement. Je connais cette situation depuis l'enfance. Il faut éviter de freiner l'évacuation quand on est fautive et j'encaisse en attendant l'accalmie.

J'ai lancé son fait main, son favori, son souvenir d'antan. Il est triste et inquiet à l'idée de ne pas le récupérer. Alors, une fois bien punie, je lui dis que j'ai vu une échelle et que nous le récupérerons, bien sur, de toutes façons, évidement... Nous allons ouvrir la fenêtre. Il fait toujours extrêmement beau. Le voila tout rasséréné. Il me regarde de son regard moqueur et carnassier.

- Nous allons descendre ensemble le chercher me dit il. Puisque c'est ainsi, j'en lance un deuxième, tant qu'à se déplacer... Ça lui plait beaucoup ! Pas de pot, quelle cervelle de moineau, j'ai lancé 'p'tit bras'. C'est donc de nouveau le teigneux qui entre dans la danse. Puis il se redresse, me relève et enfourne son rescapé dans sa poche de pantalon, tandis que je redescends ma robe et ne remonte pas ma culotte parce que je n'en ai pas. Cette robe est très moulante et je n'aime pas les marques. Enfin pas celles ci en tous les cas.

Nous descendons dans le hall. J'aimerai bien qu'il cache un peu mieux son martinet qui dépasse, mais il s'en fou et me colle aux basques. Impossible de faire croire que je ne suis pas avec ce drôle de Monsieur que la situation à l'air de beaucoup amuser...

C'est donc presque courant que nous faisons le tour du bâtiment. En même temps, je prie Sainte Discrétion pour que l'accès à l'escalier ne soit pas verrouillé et qu'ainsi notre exhibition ne prenne pas des proportions trop volumineuses. Carte chance, la porte est grande ouverte et nous grimpons quatre à quatre, sous l'oeil bovin d'une caméra. C'est lui qui saute par-dessus la chaine et cavale sur le toit récupérer ses deux bébés avant même que je ne sois en haut. Nous dévalons. Arrivés en bas, il me les tend en m'intimant l'ordre de les porter moi-même. Flûte de barbe ! Vous ai-je dis que je ne porte pas grand chose qui permette aisément de dissimuler tout ce matériel ? Je négocie rapidement le fait de n'en porter qu'un et m'empresse de le glisser dans ma robe, sous mon bras gauche que je tiens tout droit, le long de mon corps.

Non content d'avoir déjà un martinet qui dépasse de sa poche, il tient le deuxième comme un bouquet de fleurs. C'est ainsi que nous refaisons irruption dans le hall. J'ai bien essayé de le semer. Essai raté ! J'applique ma méthode de l'autruche en regardant tout droit et personne. Je me plante devant les ascenseurs - le reste du monde n'existe pas !

Nous remontons au 7 ème ciel. Il fait chaud. Il ouvre la fenêtre. Je promets de ne pas recommencer et pour fêter cela il me fesse soigneusement devant les balcons qui garnissent la barre d'immeuble, juste en face, remplie, à son avis, de chômeurs qui n'ont rien d'autre à faire, cette après midi là, que de regarder mes rotonditées rougies par leurs fenêtres.

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