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Internat pour jeunes filles
Gwenaëlle

C'est l'heure. Mon coeur se décroche. Mes genoux tremblent et mon ventre se tord littéralement d'angoisse. Tandis que mes camarades sortent joyeusement de la classe pour rentrer chez elles je traîne pour réunir mes affaires avant d'aller rejoindre le bureau de la Directrice. Celles de mes camarades qui savent me jettent des regards fuyants, compatissants ou effrayés. La prof, elle, a un petit sourire ironique. Ô comme je la déteste !

Je remonte lentement les couloirs qui mènent à l'anti-chambre de la Directrice, croisant les dernières retardataires qui sortent. Je donnerai n'importe quoi pour être a leur place. Je met un temps infini a franchir les derniers mètres. Je sais ce qui m'attend. Cette fois ci je ne m'en tirerai pas avec un sermon...

Me voici devant la porte. Une envie folle de prendre mes jambes à mon cou me saisit. Mais ce serait pire je le sais. Réunissant tout mon courage, je pousse la porte pour rentrer dans l'antichambre ou officie Mlle Drouet la secrétaire de la Directrice. C'est une vieille fille sèche et méchante qui ressemble comme une soeur jumelle à sa patronne...

- Ah mademoiselle, nous sommes bien aise de vous voir enfin ! Asseyez-vous et attendez votre tour...

Sans dire un mot je vais m'assoir sur le banc, à coté de mes camarades d'infortune. Elles sont deux, pas de ma classe mais je les connais de vue, et je comprend aux échos qui traversent la porte du bureau de la Directrice qu'une troisième est actuellement sur le grill. Pour l'instant, sans distinguer les paroles, il ne s'agit visiblement que d'un de ses longs et ennuyeux sermons... Une tradition jamais explicitée mais connue de tous, veut que la Directrice traite les élèves par gravité croissante de leur cas, et donc de facto, par sévérité croissante. De ce fait, nous écoutons toutes les trois avec angoisse, sachant que ça ne pourra qu'être pire pour nous.

Après un silence, la porte du bureau s'ouvre et sort une fille de ma classe encore tremblante mais visiblement soulagée. Tandis qu'elle quitte l'antichambre sans demander son reste, nous nous regardons mutuellement, prise du fol espoir qu'il en sera de même pour nous. Qui sera la suivante ? La directrice rentre et fait signe à ma voisine de venir. Je vois la porte se refermer sur les mollets que je devine tremblants de ma camarade.

De nouveau, sans qu'on puisse distinguer les paroles, on entend la voix courroucée de la Directrice, et par intervalles celle geignarde de notre camarade qui essaye visiblement sans succès de plaider sa cause. Le ton de la directrice monte, puis on entend un bruit de chaise qui ce déplace, une supplication et enfin le bruit que nous redoutions tant : le claquement clair d'une claque. Ca ressemble à une gifle, mais ça n'en est pas : on de donne pas dix, quinze, vingt gifles à la suite, ça n'existe pas !

Très vite, au dessus du bruit clair et régulier des claques qui doivent s'abattre sur son malheureux verso, on entend les supplications puis les pleurs de notre infortunée camarade. Ma voisine tremble comme une feuille, elle a l'air d'avoir encore plus peur que moi, je ne croyais pas cela possible ! La fessée semble ne jamais devoir se finir, je me bouche les oreilles pour ne plus entendre les plaintes de plus en plus déchirante de la suppliciée...

A un soudain raidissement de ma voisine je comprend que c'est enfin fini. En effet on n'entend plus que les sanglots et hoquets de notre camarade qui je le suppose doit se relever et remettre un peu d'ordre dans sa tenue. Quelques instants plus tard, la porte s'ouvre enfin et la malheureuse sort, le visage ruisselant de larmes, se frottant les fesses à travers sa jupe de collégienne... Et tandis qu'elle s'éclipse dans le couloir, j'entend le pas de la Directrice qui revient. A qui le tour cette fois ?

C'est l'autre voisine ! Je suis à la fois soulagée et terrorisée. Ca veut dire que c'est moi qui vais prendre la fessée la plus terrible ! Mais sur l'instant, viscéralement dans ma chair, soulagée quand même, même si c'est idiot. Elle, est terrorisée, tétanisée. Quand la Directrice impatientée lui saisit le bras pour qu'elle la suive dans le bureau, au lieu de se lever, elle se recroqueville un peu plus sur le banc en poussant un couinement désespéré... Au lieu de houspiller ma camarade comme je m'y attendais, la Directrice a un bref sourire et fait signe à sa secrétaire de venir l'aider. Celle-ci se précipite servilement avec son mauvais sourire. Elles saisissent la malheureuse chacune par une épaule, la soulèvent avec une poigne que je ne leur soupçonnais pas et l'entrainent vers le bureau. Il me vient l'image fugitive des premières chrétiennes trainées vers les lions aux jeux du cirque Romain.

Me voila seule dans l'antichambre, grelottant de peur. Ma malheureuse camarade ne doit pas y mettre du sien car j'entend des éclats de voix furieux de la Directrice et quelques instant plus tard la porte se rouvre sur la secrétaire qui va droit à un placard, en tire un énorme martinet noir, et retourne dans le bureau avec une joie mauvaise dans les yeux.

Le martinet ! Mon coeur défaille... Des bruits terribles courent sur cet instrument barbare. Il se chuchote que la victime est mise entièrement nue pour le recevoir à toute volée sur le dos, les fesses et les cuisses... La secrétaire n'a que repoussé la porte (je suis sure qu'elle l'a fait exprès) et j'entend, distinctement cette fois, ma camarade protester, supplier, se débattre... puis la voix sèche de la directrice lui intimer l'ordre de cesser de résister (à quoi ?) ou sinon elle appellera le jardinier. La perspective de ce colosse prognathe et velu mettant la main sur elle la calme instantanément car on n'entend plus que sanglots et hoquets...

Puis, tout d'un coup, le bruit mat du martinet entant en action, immédiatement suivi d'un hurlement strident qui me vrille les oreilles. Aux bruits indistincts qui suivent, je devine que la secrétaire maintiens la victime expiatrice tandis que la Directrice officie. Avec régularité, j'entend le bruit terrible des lanières s'abattant sur les chairs suppliciées et la malheureuse hurler sans discontinuer...

Au bout d'un temps qui me parait infini le martinet se tait enfin. Les cris de la victime ne sont plus qu'un gémissement continu et indistinct. Je réalise que maintenant ça va être mon tour ! J'entend un bruit de pas se rapprocher, la porte s'ouvrir... Mon coeur s'arrête, l'émotion est trop forte, je fais pipi dans ma culotte...

Et je me réveille, dans mon lit, trempée de sueur et d'autres choses, à coté de mon Monsieur qui dort paisiblement ! Tout cela n'était qu'un rêve, alimenté par le souvenir lointain (et très embelli) de ma grand-mère qui me racontais quand j'étais petite fille comment de son temps cela se passait à l'école... Je réveille mon Monsieur qui n'y comprend rien sinon que j'ai furieusement besoin de lui et, sans se faire trop prier, me fait délicieusement l'amour...

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