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L'arrivée
Aurélie

Ce soir, je commence mon journal.
Depuis quelques jours, je commence une nouvelle vie et je pense que je dois la raconter, la penser, et, écrire ce journal va m'y aider.
Mon beau-père m'a conduite dans cet établissement la semaine dernière. A la maison ce n'était plus possible. Ma mère ne me supportait plus. C'était réciproque ! Hargneuse, haineuse même. Moi aussi je crois. Je ne supporte plus qu'elle veuille diriger ma vie. Je sens que je la gêne et je sais qu'elle me hérisse. Elle a parlé d'âge bête, de révolte adolescente, elle me dit amorale, me croit anorexique, prête aux automutilations ! Débile grave ! C'est elle que j'ai envie de mutiler quelquefois. Anorexique ! N'importe quoi ! Je n'aime pas manger avec elle, mais je ne suis pas dégoûtée de la nourriture ! 1m65, 46 kg, ça va, non ? Besoin de discipline, d'être séparée de mes copains et copines qui ont une si mauvaise influence sur moi ! Voilà ce qu'elle dit et répète. OK ! Surtout besoin de m'éloigner d'elle !
Alors cet établissement ! Un château. Bien, ça coûte cher, ça lui donne bonne conscience. Isolé. Bravo « elle ne fera pas le mur, elle sera loin des tentations de la ville et de ses reflets ! Pas mixte ! Merveilleux, elle ne sera pas tentée de séduire, de penser à autre chose que ses études, elle ne va pas se dévergonder ! » Au XVIIIe, elle m'aurait fichue dans un couvent ! Elle peut partir l'esprit libre avec son mari tout neuf pour Tahiti... Et puis dans leur petite île où il va ouvrir son affaire, il n'y avait pas de lycée, et puis mes grands-parents pourront me prendre de temps en temps... Voilà, ils se sont débarrassés de la chieuse ! Au placard la petite Chloé !


Les murs du château, l'allée, le grand escalier. Une dame très élégante qui nous accueille. Mademoiselle Irène. Tailleur, chignon et lunettes. Des couloirs, une porte capitonnée, le grand bureau de Monsieur le directeur !le Directeur. Dans la bouche de mademoiselle Irène, on entendait la majuscule.
Un type grand et mince, le visage émacié, le regard inquisiteur et froid, les yeux presque gris. Beau, je crois ! Costard, évidemment. Il nous dit qu'il a lu attentivement mon dossier. Il me pose mille questions, d'autres à mon beau-père. Pour me « cerner » ! « Bien, j'accepte votre candidature et votre inscription, mademoiselle Chloé, mais je vous préviens que notre règlement est très strict et notre discipline très sévère. Nous voulons des résultats. Monsieur, vous voulez bien signer votre acceptation de notre règlement intérieur, et vous aussi mademoiselle. » Il nous a tendu un petit livret qu'évidemment nous n'avons pas lu. Travail, vie scolaire, attitude vis à vis du personnel d'encadrement, participation aux tâches, punitions, exclusion... classique mais apparemment tatillon. Le beau-père a vite signé, pressé de partir rejoindre ma chère maman. Adieu !
Mademoiselle Irène m'a conduite vers ma chambre. « Vous partagez cette chambre avec Marion, une terminale. Nous aimons associer des nouvelles avec des aînées. Elle vous aidera dans votre intégration et votre travail personnel »

Une petite chambre coquette, avec un petit balcon qui donne sur le parc, on voit jusqu'à la rivière. Des chevaux. Irène m'a regardée défaire ma valise. J'ai eu du mal à tout ranger dans ma demie armoire et mes deux tiroirs de commode. Les regards de la nana sur mes jean's taille-basse, mes baggys, mes sweats, mes petits tops Sur mes sous-vêtements aussi. Une dizaine de strings, quelques shorties, et quelques culottes montantes en coton épais(pour les jours où j'ai mes règles). Ses regards effarés. « On ne vous a pas parlé de l'uniforme de l'établissement ? Monsieur le Directeur ne sera pas content ! » Mes strings, surtout, ont eu l'air de l'effarer. Ils sont pourtant mimis : tulle rose ou bleu ciel, coton blanc ou vert d'eau... Et puis quand même ce directeur, je veux bien qu'il refuse les minis ou les baggies, mais nos dessous, il va quand même pas les voir !
Marion est arrivée. En effet ! Cheveux longs, queue de cheval, blazer bleu, corsage blanc, cravate bleue. Petite jupe droite bleue. C'est l'uniforme, strict, mais la jupe est petite. Très petite ! Assise sur son lit face à moi, elle ne pouvait même pas dissimuler sa culotte... (Elle n'essayait pas). Bleue ciel, la culotte, c'est l'uniforme aussi ? Ok, l'uniforme, vieille France ! Elle m'a parlé du bahut, sympa, strict mais sympa.
Repas du soir dans le grand réfectoire. Toutes les filles en uniforme. Blanc et bleu pour les terminales, blanc et vert pour les premières et blanc et rose pour les secondes ! Ca tombe bien, j'aime pas le rose. Je me suis dit : « Où suis-je tombée ? Je vais quand même pas rester là ! » Marion m'a dit de me méfier de mon courrier, tout était lu, ce qui arrive et ce qui part. « Mais, ils n'ont pas le droit ! » ai-je protesté. Elle a ri.
Les douches. Nous étions une vingtaine. Toutes les filles sont jolies( moi aussi alors ? peut-être était-ce un critère d'admission ?), des brunes, des blondes, des rousses, cheveux courts, mi-longs ou longs, des filles bronzées, des métisses, dans les couloirs et au ref j'ai aussi repéré 3 noires, des maghrébines, des asiatiques... Le patron est un collectionneur ou quoi ? Mais toutes jolies. J'ai regardé les filles qui se déshabillaient. Elles me regardaient aussi. Mon pantalon moulant, mon string fuschia, mes seins nus sous mon débardeur, ça avait l'air de les épater. Elles, toutes en jupe (mini), des dessous roses, vert pâle ou bleu-ciel. Soutifs coordonnés, hyper classiques. Coton et picot de dentelle.
Je me suis dit : « Me voilà dans une sorte de harem ! »

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