page précédente
CONNEXION    CREER UN COMPTE

 

Le site rose: AGRAMANT
accueille blogle forumle tchatles profilsles recits

 

Mon oncle
Joséphine

Cette mésaventure m'est arrivée voici bien des années. Mais jamais je n'ai oublié le châtiment qui me fut donné de recevoir ce jour-là !

Comme chaque année je passais mes vacances chez mes grands-parents, qui demeuraient dans un petit village de la région de Compiégne. Ils prenaient là une retraite bien méritée.

J'étais l'aînée de leurs petits-enfants, leur "chouchoute" ! Chez eux c'était le paradis ! J'étais leur petite reine, rien jamais n'était trop beau pour moi !
Ils marquaient une nette préférence ce qui je le suppose devait exaspérer les autres petits-enfants et leurs parents.

Justement cette fois-ci, je n'étais pas seule. Il se trouvait, que mon oncle, (le frère de mon père) ainsi que sa femme et leurs deux enfants, étaient venus passer quelques jours à la campagne !

Habituée à être le centre d'intérêt de mes grands-parents, j'avais bien du mal à accepter de partager leur affection, avec mes cousins Jacques et Micheline.

Ce jour-là, j'étais hors de moi. Ma cousine et moi, nous étions chamaillées pour une broutille. Ma tante, sans même savoir qui avait tord ou raison, était vivement intervenue en faveur de sa fille.

Furieuse, j'avais alors claqué la porte en disant :
---Puisque c'est ça ! J'me tire !
J'ai bien entendu mon grand-père crier :
---Anne ! Reviens tout de suite !
Bien entendu, je fis la sourde oreille.

Personne ne s'est vraiment inquiété de mon escapade ! A cette époque, un village était un peu comme une grande famille. Tout le monde se connaissait et les enfants des uns étaient un peu ceux des autres.
La confiance régnait !
Ma famille, persuadée que j'étais simplement partie jouer comme chaque jour avec la fille des voisins, ne s'était même pas souciée de vérifier.

Cependant, vers 19 heures ma grand-mère ne me voyant pas rentrer pour dîner, vint à la ferme voisine pour me récupérer. Là, elle découvrit avec stupeur, que personne ne m'avait vu de la journée ! C'est seulement après avoir fait le tour des endroits ou j'étais susceptible de me trouver qu'ils commencèrent sérieusement à s'inquiéter.

Tout le monde se mis à ma recherche une battue fut organisée afin de sillonner champs et forêt alentour !

En fait dans ma colère, j'avais couru comme une folle à travers la campagne pour me défouler. Je me sentais trahie, incomprise et malheureuse. J'avais couru longtemps criant ma rage, c'est à bout de souffle, épuisée que je n'avais pu que constater avec angoisse que je ne m'étais bel et bien perdue.
Je ne reconnaissais rien, je me trouvais, sur ce que je pensais être un chemin vicinal bordé à gauche comme à droite de champs de maïs ! Pire le soleil commençait sérieusement à décliner bientôt il ferait nuit !

Fort heureusement mon ange gardien veillait ! Un inconnu qui passait par-là me fit grimper dans sa charrette. Le pauvre vieux cheval qui la tirait, n'avait certainement pas besoin de moi. Bien entendu j'étais ravie de la tournure que prenaient les événements et c'est une gamine fière d'elle, enfouie dans le foin jusqu'aux yeux, qu'il déposa triomphante sur la place du village.

Chacun sait qu'une place de village avec son bistrot et son terrain de boules, est un lieu hautement fréquenté, surtout en été vers 19 heures.

C'est précisément là que mon oncle qui se faisait un sang d'encre me vit sauter de la carriole toute joyeuse du bon tour que je venais de jouer. Lui qui me cherchait en vain depuis plus de deux heures et avait fini par alerter la gendarmerie, était furieux de mon attitude !
Les gendarmes, venaient juste d'arriver. Lorsqu'il me vit, il se précipita vers moi en vociférant :

---Mais enfin ! Ou étais-tu passé ? On t'a cherché partout !
Il me secouait comme un prunier... Toute mon insolence reprit le dessus !

---Alors ! Qu'est ce que ça peut te faire ?
---Comment ?
---Oui d'abord, t'es, pas mon père !
---Possible, mais je suis responsable de toi !
---Laisse-moi tranquille ! T'occupe pas de moi d'accord ?
---Tais-toi !
---Merde !
---Tu répètes ?
---Merde, merde et merde...

Une brave dame, qui se trouvait là on l'appelait la "mère Pimpon" (son mari était un ancien pompier) perdit une bonne occasion de se taire.

--- Ma petite-fille, moi dans ton cas... Je filerais doux !
Ce à quoi je répondis vertement

---Non, mais ça la regarde celle-là ? De quoi je me mêle ? Hein ?
---Sale gosse mal élevée ! Marmonna la grand-mère...

Mon oncle fou de rage me planta devant la dame en me disant :
---Demande pardon tout de suite !
---Tu m'as regardé ? J'ai une tête à demander pardon ?
---Tu veux une fessée ?
J'éclatais de rire...
---Une fessée ! Non, mais tu rigoles ?
---Je répète une fois, une seule ! Tu t'excuses immédiatement !
---Non, non et non ! Jamais !
---Tu la veux ta fessée !
---Ha lâche-moi avec ça !
---Attends ma petite, tu ne vas pas être déçue !

Je commençais à rire jaune. Je n'avais jamais reçu de fessée, d'ailleurs je n'imaginais même pas, que l'on ose m'en menacer !
Je n'y croyais pas, mais j'étais tellement vexée que j'en rajoutais !
Le toisant du haut de mon mètre cinquante je le provoquais :

---T'oserais pas, t'es même pas cap !
---Tu crois ça ! Tu paries ?
---Chiche ! J'esquissais même un pas de danse...
Cette fois-ci, il était vert de rage le tonton, il fonça sur moi !
---Tu l'auras voulu !

Joignant le geste à la parole il me souleva de terre me plia sous son bras et commença à me taper sur les fesses de bon coeur.
Cette fois-ci je hurlais :
---Espèce de salaud tu me le payeras...
Ce qui eut pour effet de décupler sa colère
---Encore des insultes ? C'est cul nu que tu la veux ?
---Malade ! T'es qu'un malade... Je me débattais en vain,
---Gigote, gigote toujours, tu vas voir...
Et il retroussa ma robe d'été découvrant ma petite culotte bateau !
J'étais morte de honte ! Montrer ma culotte à tout le monde. C'était pour moi l'humiliation suprême ! Pourtant je n'avais encore rien vu ! Les claques qui tombaient maintenant sur mes cuisses nues, se faisaient sentir... Brusquement, il cessa de me taper sur le derrière. Je l'entendis répéter :

---Ha comme ça je suis un malade, je ne suis pas capable !
---Je vais te l'apprendre la politesse moi ! Ha je suis pas cap !
Et l'inimaginable se produisit, glissant ses doigts dans l'élastique de ma culotte je réalisais qu'il tirait dessus dans le but évident de me déculotter. Je sentais la culotte glisser le long de mes jambes, et malgré mes efforts pour la retenir mes petites fesses se retrouvèrent nues, exposées à tous les regards !

Si la honte était mortelle je ne serais certainement pas là, à relater ce récit !

Je vivais le pire des cauchemars. Ma tête bourdonnait je me répétais comme pour m'en convaincre :
"Tu te fais fesser devant tout le monde ! Ce n'est pas possible "!
"Je reçois une fessée moi ? Avec tous ces gens qui regardent "

En levant un peu la tête je pouvais voir les quatre gendarmes hilares, j'entendais des éclats de rires et des murmures.
Quelques encouragements, me parvenaient aux oreilles :
---Vas-y mon gars ! Tanne-lui bien les fesses à cette chipie ! Cà va la réchauffer la petiote !
La mère Pimpon en rajoutait !
---Vous avez entendu comment elle parle ? Ha ben oui çà elle l'a pas volée !

La fessée avait reprit de plus belle, les grandes mains de mon oncle s'abattaient sur mon derrière. C'était une bonne fessée bien laborieuse qui semblait ne devoir jamais cesser !
---Clac ! Pour tes insolences !
---Clac ! Pour ta grossièreté !
---Clac ! Pour t'être sauvée !
---Clac ! Pour ne pas savoir t'excuser !
Et clac ! Et clac ! Et clac ! Et clac ! Et clac ! Et clac ! Et clac !

Je n'avais jamais vécu pire moment, la fessée faisait mal, très mal...
Jamais je n'avais été ainsi corrigée ! Le pire de tout était cette honte ! Cette honte qui déclenchait un raz-de-marée d'émotions inconnues qui me submergeaient. Quelle terrible humiliation !

Moi la "parisienne ", la petite prétentieuse, celle qui portait les plus jolies robes et qui snobait les copines ! Elle se faisait fesser devant tout le monde ! Jamais, je n'oserais me montrer demain, ressortir dehors !

La brave dame de tout à l'heure, jubilait :
---voilà une bonne fouettée, deux bonnes joues bien rouges ! Y a pas à dire ça fait plaisir à voir ! T'es moins fière là hein ! Le cul à l'air ?

Rapidement je perdis toute retenue, je commençais à gesticuler tentant de me soustraire à la cuisson. Hélas, je ne faisais pas le poids... Je n'étais plus qu'une petite-fille qui recevait une fessée mémorable ! Je criais, je pleurais comme un bébé tout en battant des jambes dans tous les sens.

J'étais consciente de montrer bien malgré moi, bien plus que mes fesses à l'assistance ! Celui que l'on appelait "le père Matthieu" approuvait :

---Tu as raison une bonne fessée cul nu, rien de tel pour remettre les pendules à l'heure ! Pas à dire, elle en manque la gamine ! Si c'était la mienne il y a longtemps qu'elle l'aurait prise !

Je pensais en aparté "bien sur vieux cochon ce n'est pas toi qui va t'en plaindre" !

J'avais quand même 13 ans et même si je n'étais qu'une sale gosse, je n'étais plus tout à fait une enfant. Les spectateurs devaient être à même de s'en rendre compte !

Moi si pudique, quand je pense que je ne voulais même plus me montrer nue devant maman ! J'étais mortifiée ! Je dévoilais ainsi les secrets de ma féminité naissante à tous ces paysans que je méprisais en secret !

Soudain mes pieds retrouvèrent le sol et ma jupe retomba en corolle !
Mon oncle me tenait toujours fermement par le bras.
---Ca va ! Tu es calmée ou je continue ?
---Non ! Non, arrête !
---Tu demandes pardon à madame ?
Vaincue, profil bas je balbutiais :
---Excusez-moi !
---Mieux que çà !
---Excusez-moi s'il vous plaît Madame !
---Voilà ! Tu vois quand tu veux ! Allez c'est bon ! On y va !

Matée, honteuse et plus qu'humiliée, dans ma précipitation je me pris les pieds dans ma culotte et je trouvais le moyen de m'étaler dévoilant à nouveau mes fesses écarlates ce qui ne manqua pas de relancer les quolibets
---Elle l'a sûrement pas assez montré son cul cette péronnelle !
J'entendis mon oncle dire :
---Bon ! Ca suffit maintenant, foutez-lui la paix !

Je remontais ma culotte en quatrième vitesse et prenant mes jambes à mon cou, courus d'une seule traite jusqu'à la maison, aveuglée par les larmes, les cheveux en bataille !

Mes grands-parents qui m'attendaient sur le pas de la porte, soulagés de me retrouver saine et sauve, mirent mes pleures sur le compte de la frayeur.

Ma grand-mère me cajolait, me consolait :
--- Allez c'est fini ma petite chérie ! Ne pleure plus !
Mais honte suprême elle ajouta :
---Ne-nous refais jamais ce coup-là ! Tu promets ? Avoue, hein, franchement ça ne mériterait pas une bonne fessée ?

L'oncle me guettait du coin de l'oeil ! Je lui jetais un regard suppliant ! Surtout qu'il se taise... Qu'il ne dise pas quelque chose du genre :
---T'inquiète pas maman ! Je m'en suis chargé !

Non, Il me regarda droit dans les yeux, sourit et se tut.

Heureusement c'était la fin des vacances, trois jours après je regagnais la maison. Ensuite, ce fût la rentrée des classes, la vie repris normalement son cours et le temps passa.
Tant bien que mal je tentai d'effacer de ma mémoire (mais en vain) le souvenir cuisant de cette mésaventure.

Des années plus tard, j'ai su par Jacques qui en riait encore que cette fessée mémorable avait fait non seulement le tour du village mais aussi celui de toute la famille. Lui n'avait su cela que 20 ans après. Il m'a dit :
"Quel dommage si j'avais su j'aurais participé aux recherches" !
Tu parles ! Il n'aurait plus manqué que lui !

Il faut dire qu'à cette époque, une fessée administrée à une gamine ne choquait pas grand monde, sauf celui ou celle qui la subissait.
Les châtiments corporels étaient monnaie courante et même si mes parents ne pratiquaient pas cette méthode d'éducation... (au grand dam de certains qui me trouvaient particulièrement "insolente et culottée")

S'ils savaient qu'au moins une fois, rien qu'une fois dans ma vie quelqu'un s'était chargé non seulement de me déculotter mais aussi de me coller la plus belle fessée qui soit en public ! Ils jubileraient !

C'est un souvenir qui reste omniprésent. J'y repense souvent...
Les sentiments mêlés, d'impuissance, de honte, de rage et d'humiliation. Ajoutons au cocktail la cuisson des fesses et le rouge qui y subsiste plusieurs heures après... Aucun doute, j'en reste marqué ! Ceci me laisse rêveuse, voir nostalgique ! Au seul mot de fessée je rougis, me trouble, m'émeut.

Le temps a passé. Et puis, l'autre jour à la suite d'un article paru dans les journaux concernant les châtiments corporels la conversation dévia sur ce sujet... O ! Combien brûlant !
Mon oncle était présent (hé, oui) ! Il demanda à mon petit-fils de six ans :

---Dis-moi Bastien ! Mamie te donne beaucoup de fessées ?
Le petit outré lui répondit :
---Non, mais ça ne va pas ? Mamie ne donne jamais de fessées !

Tout à coup, pétrifiée ! Clouée au sol je n'osais plus me retourner ni faire un geste. Je sentais son regard malicieux me brûler le dos ! Le sol se dérobait sous mes pieds ! C'était certain il y pensait ! Il y pensait toujours...

Alors, en une fraction de seconde, après presque quarante ans, les émotions resurgirent comme si cet événement avait eu lieu la veille !

Je frissonnais affreusement troublée, rouge comme une pivoine, je quittais très vite la pièce, priant Dieu que personne ne s'aperçoive de rien !

Les jours qui suivirent, le souvenir récurant de la fessée de mes 13 ans ne me sortait plus de la tête. Cà tournait à l'obsession !

Force m'était de m'avouer que je n'avais qu'une envie revivre au moins encore une fois une fessée comme celle de jadis !

Je réalisais tout à coup que bizarrement, je n'en avais jamais tenu rigueur à mon oncle ! Notre relation était saine, affectueuse, sans l'ombre d'aucune ambiguïté. Je l'avais provoqué, je m'étais mal comportée et surtout je n'étais qu'une enfant ! Cette fessée je l'avais bien mérité... Bien cherché c'est tout !

Il a maintenant plus de 75 ans et malgré les années sa silhouette est restée svelte, certes ses cheveux sont blancs comme neige, des rides ont creusé son visage mais il n'a pas changé !

Nous-nous voyons souvent. Depuis le décès de mes parents il a un peu pris la place de mon père, presque tous les mois nous allons lui rendre visite ou bien il vient souvent nous voir. Sa femme est décédée voilà deux ans et ses enfants sont partis vivre loin de notre région. Il est très seul ! Et tout le monde l'apprécie.

L'autre jour le rôti était trop cuit, la salade était molle, en fait le repas était raté. Il se trouvait avec moi dans la cuisine et alors que je m'en excusais Il me dit en aparté :

---Tu sais ce que tu mérites ?
Les mots fusèrent de ma bouche, sans réfléchir, je répondis :
---Oui ! Une fessée !
Puis affreusement gênée je me suis senti rougir... Il rigolait :
---Ha ! Ha ! Tu te souviens ! Et bien çà roule ma poule !
Et nous avons ri de notre connivence !

En partant il m'a embrassé comme d'habitude et m'a murmuré dans l'oreille :
---N'oublie pas ! Mardi nous serons seuls !
Bien entendu j'ai fait la naïve :
---Oui et alors ?
---Alors ? La fessée pour le rôti brûlé pardi !
Je l'ai regardé fixement... Et provocante comme jadis, je lui ai dis du haut de mon mètre soixante (j'ai un peu grandi) ...
--- T'oseras pas ! T'es même pas cap !
---Pas cap moi ? Tu veux parier ?
---Chiche !

Demain nous serons mardi ! Il vient tondre la pelouse...

0 commentaire
avatar