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Exces de vitesse
Hervé

Catherine est une jeune representante de commerce qui passe son temps sur la route pour aller voir ses clients. Ambitieuse, impatiente de gravir les echelons dans la hierarchie de sa boite, elle ne lesine pas sur les moyens pour atteindre ses objectifs car la concurrence est rude. Par quoi commence-t-elle, me direz vous ? Et bien, c'est connu comme le loup blanc : par s'habiller stricte, mais de maniere attrayante car elle connait les faiblesses des hommes. Avec un minimum de charme, des yeux petillants de malice et un sourire a faire craquer le pire des incorruptibles, sa strategie ne manque pas de succes et les compliments de sa direction se multiplient.

« Plus vite, toujours plus vite », est se devise, son moteur, tout comme celui de son Audi qu'elle ne cesse de pousser malgre les PV qu'elle accumule depuis des mois. Ah, l'inconsciente ! Elle sait pourtant que sa promotion n'est pas pour demain matin. Mais rien n'y fait ; vitesse pour elle est synonyme de succes. Et ce jour-la, patatras, son sang ne fait qu'un tour dans ses veines quand surgit devant elle cet uniforme de gendarme lui intimant de s'arreter et de se ranger sur le bord de la nationale. Il ne lui faut pas longtemps pour realiser qu'il ne lui reste que 2 points sur son permis. Panique a bord, alors que le gendarme s'approche d'elle. Son esprit s'embrouille, son corps se transit, son coeur bat la chamade et elle manque de perdre connaissance quand elle entend le chiffre fatidique : 175 km/h sur une voie limite a 90.

Lui ayant mecaniquement tendu ses papiers, elle se met alors a lui bredouiller toutes sortes de choses dont elle ne sait si elles ont un sens. L'homme reste imperturbable et lui annonce la sentence. Non, non, ce n'est pas possible. Il doit y avoir quelque chose a faire, gemit-elle, laissant apparaitre une petite larme au coin de l'oeil. Peine perdue, le gendarme reste de marbre. Elle devine pourtant un petit air appitoye et soudain, sans reflechir, lui lance en pleine figure : « donnez-moi une bonne fessee, je la merite », avant de realiser, mais un peu tard, l'incongruite de sa proposition. Dieu, qu'ai-je dit, se demande-t-elle en se mordant les levres tout en observant la reaction du gendarme interloque. Ce dernier, a son grand desarroi, passe assez rapidement de l'etonnement a la perplexite. Puis ...a la reflexion.

Mais c'est qu'il est capable d'accepter ce cretin, se maudit-elle en serrant les fesses. Lui continue de la devisager en silence. Un silence pesant et interminable. Ah, si ca pouvait etre un ange qui passe, se met-elle a rever. Mais l'ange porte un casque et un uniforme bleu, et elle ne tarde pas a revenir sur terre quand, d'un signe de tete sans equivoque, il lui fait signe de sortir de son vehicule. Est-ce pour la verbaliser ou la corriger ?

C'est trop absurde, se rassure-t-elle en descendant de son vehicule pour le suivre en direction de sa moto. Et il ne peut meme pas m'accuser de tentative de corruption de fonctionnaire, pense-t-elle en realisant le ridicule de la situation. Ce qui lui laisse echapper un leger sourire que le gendarme de manque pas d'apercevoir. Damned ! Quelle gosse je suis, se reproche-t-elle en rougissant de plus belle. Tandis, qu'incredule, elle regarde le motard dire quelques mots a son accolyte et deplacer son engin derriere un buisson a l'abri des regards.

« Venez par ici, Mademoiselle ». Paralysee, elle ne peut faire un pas. Le collegue complice s'approche alors de Catherine et sort calmement son carnet de contraventions, le regard ironique.
Aie ! que faire, que dire.
Prise a son propre piege, elle repense rapidement a sa promotion, a tous les efforts faits en ce sens jusqu'a present. Sentant un main ferme se saisir de son bras, elle se laisse alors guider comme un automate vers la moto. Toujours casque, comme pour rendre la situation plus irrealiste (ou cocasse), le gendarme saisit Catherine par la taille et la renverse sans menagement au travers de la selle. La moto est haute pour sa petite taille. Ses jambes pendent dans le vide. La honte. Elle trouve a peine le temps de s'agripper a un repose-pieds que sa jupe est relevee haut sur les reins, sa petite culotte brutalement abaissee jusqu'aux talons.

Puis, rien. Silence a nouveau.
Quelle spectacle. Car les deux comperes se rincent les yeux. Et il y a de quoi.

Vingt minutes plus tard, Catherine se dirige en se tortillant vers son Audi, corrigee et humiliee, le derriere en feu comme marque au fer rouge --et oui, ce sont des militaires et il n'y sont pas alles de main morte – sous les ricanements peu fair-play des deux hommes.
Mais... sans PV dans la poche.

Elle demarre, roule et tente de penser a autre chose, d'oublier la douleur et la honte et jette un coup d'oeil a sa montre.
Dieu, je vais etre en retard !
Forte de son experience, elle ecrase le champignon, sourire au coin des levres.

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