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Martine et Martinet
Smackintosh

N.B. Ce texte fait suite à celui de Jeanne intitulé "L'anniversaire de Martine"

Maman n'en revient pas. Mais que s'est-il passé ? Est-ce une tornade ? Un typhon qui vient de passer sur la maison ? Elle se précipite au dehors.

- Comment as-tu pu ! ... Comment as-tu pu faire une chose pareille ? s'écrie-t-elle en courant vers papa . Te rends-tu compte ? Donner une fessée à Martine ! Déculottée ! Dans le jardin ! Et en plus au moment précis où passait cette grande asperge d'Alexandre !

- Alexandre ? Qui est cet Alexandre ? demande papa , si inquiet qu'il en cesse de caresser pensivement sa joue en mal de rasage .

- Le fils du voisin . Tu n'as donc pas remarqué qu'il regarde Martine avec des yeux de merlan frit ? Et toi ... toi qui ! ...

- Oui , je le reconnais , je me suis laissé emporter , dit papa d'un ton penaud et contrit . Mais j'ai eu si peur pour Martine ! Et puis , mes meilleures bouteilles y sont passées ...

- La belle affaire ! rétorque maman , qui ne goûte guère le vin , préférant depuis toujours les boudoirs trempés dans le porto .

- Oh mais ce n'est pas tout . La porcelaine de Saxe de ta mère aussi a sombré dans l'affaire . Tu peux lui dire adieu .

Maman reste bouche bée ... La vaisselle en porcelaine ? Brisée ? Impossible. Déjà la voilà dans le cellier. Elle porte les mains à son visage : le carton éventré, LE carton de la précieuse vaisselle , et dans le carton ... elle approche ... se sent défaillir ..." Vaisselle cassée ..." Pourquoi cette ritournelle idiote lui revient-elle en tête , comme si l'heure était à la badinerie ? Mais rien à faire . "Vaisselle cassée , c'est la fessée , vaisselle foutue , panpan cucul !" chantent les voix moqueuses qui la narguent . Va-t-elle s'évanouir ? Ah non , ce serait trop facile ! Tiens, que voit-elle , là , calé entre la vaisselle désormais brisée et l'angle du carton ? Un manche en bois . Serait-ce ? Mais oui , c'est ! C'est le martinet d'autrefois. Qu'elle a glissé là Dieu sait pourquoi , comme on s'attache aux choses , c'est idiot n'est-ce-pas ? Elle se baisse , s'en saisit, le retire doucement de son logement . Les lanières se déploient comme autant de longues et fines ailes . Comme autrefois , lorsqu'elles s'apprêtaient à s'envoler pour venir fouetter ses cuisses nues . Elle détestait cela . Et pourtant d'y repenser aujourd'hui est étrangement agréable .

- Où vas-tu avec ce martinet ? essaie en vain de s'interposer papa .

Maman a tôt fait de gravir l'escalier, et c'est sans s'annoncer qu'elle entre avec fracas dans la chambre de Martine . Celle-ci est allongée sur son lit, la tête dans l'oreiller . La petite culotte qu'elle a négligé de remettre gît abandonnée sur le sol . La petite robe d'été est remontée bien haut , dévoilant la naissance d'une fesse nue et encore rouge de la fessée tout juste reçue . Mais la colère de maman est trop forte . En deux pas ,elle atteint lit , s'y assied . Martine sursaute , essaie de se retourner . Trop tard . Un bras lui ceint les reins et la voilà troussée pour la deuxième fois de la matinée . Au moins cette fois cette grande asperge d'Alexandre ne pourra-t-il pas en profiter ! Martine n'a pas même le temps de protester que FLIC FLAC le martinet vient embrasser de cuisante façon ses fesses dénudées . Et voilà que maman délaisse le martinet et , à son tour , comme possédée , se met à fesser de sa main nue les fesses nues de Martine ! Vous parlez d'un cadeau d'anniversaire , nos voeux les plus sincères , ne peut s'empêcher de penser Martine en même temps qu'elle crie : "Aïe ! Arrête maman , ça fait mal !" et s'entend répondre : "Tu ne crois pas que je compte te faire du bien ? Je vais t'apprendre ce que le mot fessée veut dire . Ton père est un doux plaisantin ."

Quand , au soir de ce dimanche , Martine souffle ses dix-huit bougies , elle a , posé sur la table , en plus de l'électrophone Teppaz et du 33 T tant désiré des quatre Garçons dans le Vent , un cadeau inattendu : un martinet au manche bien poli , et aux lanières lustrées . Une sorte de bijou de famille , lui a dit maman en manière d'excuse , en promettant de ne plus jamais s'en servir , et en ajoutant avec un petit sourire en coin :

- Mais surtout garde le précieusement . Sait-on jamais ?

Mars 2001 smackintosh@wanadoo.fr

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