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Chose promise
Blandine

Il fait chaud de cette chaleur énervante d'avant l'orage. Nos mains qui aiment marcher ensemble se séparent pour retrouver un peu de fraîcheur. Les petites robes, pourtant légères, collent à la peau des passantes. Tu les regardes et les hommes me regardent. Ton désir et leurs désirs nous agacent. L'ambiance est rude, animale. Quand un garçon me frôle le corps, tu me murmures : "Ce soir, à la fraîche, je vais t'en coller une, tu vas voir, ça t'apprendra à exciter les hommes".

Je proteste pour la forme mais j'ai senti le frémissement du désir parcourir mon ventre. Je m'imagine déjà allongée sur tes genoux et je t'espère en colère. J'ai faim de cette fessée pour apaiser mes incertitudes, pour calmer toutes les tempêtes de ma tête, pour me blottir sous ta férule. Doit-on attendre ce soir ?

Tu vaques dans la maison et j'essaye de m'occuper. Je voudrais bien te faire comprendre combien j'en ai envie maintenant, mais c'est à toi de décider et j'attends comme une gourmandise le moment où tu me diras : "tu te souviens ce que je t'ai promis ce matin ?". Je me demande si tu mets un malin plaisir à différer cet instant ou bien, horreur, si tu as oublié... Je sens que je vais trouver n'importe quel prétexte pour t'énerver et je me fais penser aux enfants qui cherchent querelle jusqu'à temps que cela tombe.

C'est au moment où je m'y attends le moins que tu me prends le bras. "Chose promise..." dis-tu tout simplement. Et, à nouveau, je sens cet immense désir m'envahir d'une volupté canaille. C'est déjà bon...

Mais c'est la panique. Tu ne m'allonges pas sur tes genoux mais tu me suspends à une corde que tu as préparée, mine de rien, cette après-midi. Jamais tu ne m'avais donné une fessée de cette façon et je meurs de peur. Alors, quand les premières claques tombent, il me semble qu'elles font mal, beaucoup plus mal. J'essaye de me dérober mais cela t'amuse. Tu décides de me maintenir par la main inoccupée et tu continues de me fesser avec cette détermination que j'aime mais qui m'affole. Je voudrais bien t'amadouer un peu par mes cris tout en n'ayant absolument pas envie que tu en tiennes compte. Je suis profondément bien mais le jeu ne consiste-t-il pas à te faire croire que je me sente punie ?

Tu n'es pas dupe et tu sais qu'il faut aller plus loin pour arriver à cette limite où la peur se fera plus vraie et la punition plus certaine. C'est à cette condition que je garderai cette crainte qui décuple le plaisir et que les prochaines fois j'aurais à nouveau la peur à fleur de peau. Tu prends un martinet que tu as mouillé. Cela cingle brutalement et là, j'ai vraiment mal. Tu me connais si bien que tu sais quand le corps n'aime plus. Alors, tu continues plus doucement. Je ferme les yeux et me laisse emporter dans ce tourment. Les lanières mordent les flancs et les cuisses, dès que le coup est passé, une chaleur irradiante m'inonde de plaisir. Je baisse la tête, comme ça, juste pour te montrer que je suis consentante, consentante...

Puis tu attrapes une canne de bambou et là...là, c'est au-delà de mes possibilités, là, je sens que l'alchimie ne se fera plus, que j'aurais seulement mal. Tu me donnes six coups, il paraît que c'est la tradition, je sais que ce sera ma punition.

Puis tu détaches mes poignets de la potence et je tombe dans tes bras. Tu sais que j'ai eu mal, que j'ai besoin de tendresse, tu poses des baisers douceur sur mes fesses striées, tu m'embrasses comme on console et ta main qui frappe si fort devient celle qui caresse si bien. Alors, nos corps humides d'été et de désirs se fondent et tous deux ensemble nous décidons que c'est encore meilleur de faire l'amour après une bonne fessée !

Paris, le 28 juillet 2002.
Température donnée par Météo-France: 38°.
Un record pour la capitale.

© 2002

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