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La photo
Blandine

Tu m'appelles une fois encore. Tu es fatigué et demain tu as une lourde journée. Je te réponds que j'arrive de la voix traînante de ceux qui ont inconsciemment décidés qu'ils se donnaient encore quelques minutes. Quelques minutes de trouble devant l'ordinateur tentateur.

Il y a une fille. Elle est debout, les cheveux longs, les fesses rouge sombre et zébrées des marques d'une énorme fessée.

Me feras-tu un jour des marques ? J'en ai si peur et je le voudrais tellement. Je voudrais avoir mal pour me punir d'un hypothétique moi-même qui ne sait même pas pourquoi il devrait être puni.

Tu m'appelles encore et ta voix cassante me dit qu'il ne faut plus que je tarde. Mais, c'est plus fort que moi, ce soir encore, je veux agrandir cette photo. Puis la scruter, la faire mienne, m'y projeter, comme si de cette façon je pouvais devenir la fille de la photo.

Au creux de mon ventre, une voluptueuse excitation m'emplit d'un bien-être troublant. J'ai envie, envie, envie et déjà j'imagine ma chemise de nuit retroussée sur mes fesses dénudées et toi, fâché de colère et décidé à me frapper fort, longtemps, jusqu'à ce que j'ai mon derrière rouge, bien rouge. Comme elle.

Je ne t'ai pas entendu arriver près de moi. Sur l'ordinateur, j'ai agrandi la photo. Et je regarde, hypnotisée, ces fesses écarlates, maquillées du rouge fessée, honteuses et glorieuses, bouleversées et bandantes d'avoir été trop frappées.

Tu regardes et tu me dis : «C'est cela que tu veux, n'est-ce pas ? Eh bien, d'accord, mais tu vas t'en souvenir !»

En une seconde, tu m'as soulevée de ma chaise, et tu t'y es installé. Puis tu m'as pliée sur tes genoux et je suis mal. La tête dans le vide, les jambes en biais. Mais tu t'en moques. Tu as déjà soulevé le bout d'étoffe qui couvrait mes fesses et tu as commencé. Tu frappes lourdement. Je sens d'abord l'impact de la claque, puis sa brûlure, puis...mais une autre tombe, et encore une autre. Je voudrais quelques minutes de répit, que tu me laisses me concentrer. Tu n'en fais rien. Tu as décidé de me donner une furieuse fessée et toutes mes suppliques seront vaines.

Je sais bien que ce sont les premières claques que l'on ressent le plus mais qu'ensuite... seulement, toi aussi tu sais cela et tu vas de plus en plus fort. Je me mords les lèvres pour ne rien dire, et en même temps que cela me fait mal je voudrais te dire que je suis bien, que je suis heureuse, que tu m'offres la plus belle caresse dont j'avais rêvée. Mais je ne te dis rien, car j'ai peur de te distraire, je voudrais tellement que tu continues. Je voudrais avoir les fesses de la couleur de cette fille, j'en voudrais les marques. J'ai entendu ce que tu m'as dit : «Si c'est ce que tu veux...», mais je n'ai pas osé te dire «Oui, oui, j'en ai envie depuis longtemps, oui elle me fascine, oui...». J'ai toujours peur que tu me juges.

Maintenant tu me fais me relever et tu me dis : «Ce n'est pas fini, on va passer aux choses sérieuses». Ta voix a un timbre bizarre, j'ai brutalement peur, et un long frisson me parcourt l'échine. Tu me fais m'agenouiller par terre, je trouve cela dur, je ne suis pas habituée, je voudrais quelque chose de doux, j'ai besoin de tendresse. Mais tu as pris le martinet noir, celui dont j'ai le plus peur et puis tu me fouettes. Là, cela fait mal, vraiment mal. Je devrais te demander d'arrêter. Mais, je l'ai voulu, je le veux depuis si longtemps. Alors, je décide d'accepter, je te laisse m'emmener et je me sens devenir une autre, prisonnière de liens dont tu ne m'as pas enchaînée, soumise à l'égale de mon plaisir et libre comme jamais je ne me suis sentie.

Et tu continues et je n'ai plus que la sensation d'une intense chaleur. Je ferme les yeux, bercée par l'étrange ballet de ces lacets de cuir venant fouetter mes fesses dénudées. Je n'ai plus envie de bouger, je voudrais que tu me frappes encore longtemps, sans rien changer, avec cette même intensité. Je ne sens plus maintenant que l'impact cuisant du bout des lanières, c'est juste à la limite du supportable et c'est la contrepartie de cette volupté intégrale où je m'enfonce tout doucement. Je suis ailleurs, immergée dans une ivresse lascive et baignée d'un bonheur irradiant. Je suis...

Mais l'écran de l'ordinateur devient tout noir. Alors, tu caresses doucement mes fesses incandescentes, tu les embrasses tendrement, tu me prends dans tes bras et tu m'emportes dans la chambre.

Dans la grande glace, je vois une fille. Elle est debout, les cheveux longs, les fesses rouge sombre et zébrées des marques d'une énorme fessée. Et tu prends une photo.

© 2002

1 commentaire
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quelle belle plume vous avez
c'est exquis a lire Merci